CHINE : La repression contre les Nord-Coreens doit cesser

Index AI : ASA 17/024/02

« Les incidents diplomatiques survenus dernièrement dans des ambassades et consulats en Chine sont la conséquence de la répression permanente menée par les autorités chinoises contre les demandeurs d’asile nord-coréens », a déclaré aujourd’hui (vendredi 21 juin 2002) Amnesty International. Depuis avril, des centaines de Nord-Coréens ont été arrêtés dans le nord-est de la Chine et renvoyés de force dans leur pays sans avoir eu accès à aucune procédure de détermination du statut de réfugié.

Selon certaines informations, dans la province du Jilin, pas moins de 900 Nord-Coréens ont été renvoyés de force dans leur pays depuis la ville de Longjing en avril, et plus de 500 autres depuis celle de Tumen en mai. À Tumen, des témoins ont raconté qu’ils voyaient tous les deux ou trois jours des groupes de Nord-Coréens être ramenés de l’autre côté de la frontière dans des camions découverts. Parmi les personnes arrêtées et renvoyées figureraient aussi bien des femmes mariées à des ressortissants chinois et des orphelins installés depuis longtemps dans le nord-est de la Chine que des demandeurs d’asile récemment arrivés.

« Les personnes qui sont renvoyées de l’autre côté de la frontière sont confrontées à un sort incertain. Elles risquent l’emprisonnement, la torture et dans certains cas une exécution sommaire ou la mort en détention de faim et de maladie », a ajouté l’organisation de défense des droits humains. « Demander l’asile dans les ambassades et les consulats en Chine est pratiquement le seul recours qu’il reste aux demandeurs d’asile ».

Cette nouvelle vague de répression dans le nord-est de la Chine s’étend aussi aux personnes soupçonnées d’aider des Nord-Coréens, notamment à des membres d’organisations humanitaires ou religieuses étrangères ou à des Coréens de souche vivant dans la région, dont beaucoup ont été arrêtés pour interrogatoire. Certains se trouvent toujours en détention.

Les autorités chinoises affirment que tous les Nord-Coréens qui entrent illégalement en Chine le font pour des raisons économiques. Elles leur refusent donc systématiquement l’accès à une quelconque procédure de détermination du statut de réfugié, bien qu’il soit prouvé que beaucoup d’entre eux aient de réelles raisons de demander l’asile.

Au cours de ces deux derniers mois, plusieurs dizaines de Nord-Coréens ont cherché refuge dans des ambassades et des consulats à Pékin, dans une tentative désespérée d’obtenir l’asile dans un pays étranger. Le gouvernement chinois a envoyé une note à toutes les ambassades et tous les consulats de Pékin pour leur demander de leur remettre tout nouvel « intrus » nord-coréen. Le 13 juin, un porte-parole du gouvernement a qualifié ces incidents de « provocation à l’égard du droit chinois ».

La communauté internationale devrait demander instamment au gouvernement chinois d’autoriser les Nord-Coréens à demander l’asile et à bénéficier d’un examen équitable et indépendant de leurs demandes, ce qui permettrait d’éviter d’autres incidents diplomatiques liés à l’arrivée de Nord-Coréens dans des consulats et ambassades en Chine.

Amnesty International a écrit au Premier ministre Zhu Rongji pour lui demander d’assurer la protection des réfugiés et demandeurs d’asile nord-coréens et de mettre fin aux renvois forcés. Elle lui a également exprimé sa préoccupation concernant le sort de six personnes, dont un petit garçon de deux ans et demi, qui ont été arrêtées fin mai dans le sud de la Chine et dont on est sans nouvelles depuis.

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