Chine. Un Ouïghour de nationalité canadienne condamné à la détention à perpétuité


Déclaration publique

ASA 17/018/2007

Husein Dzhelil, qui possède la nationalité canadienne, a été condamné ce jeudi 19 avril 2007 à la détention à perpétuité. Le tribunal populaire intermédiaire d’Ürümqi l’a déclaré coupable de « complot séparatiste » et lui a également infligé une peine de dix années d’emprisonnement pour appartenance à une « organisation terroriste ».

Amnesty International est préoccupée par le fait que Husein Dzhelil a été condamné pour des infractions politiques à l’issue d’un procès inéquitable et sur la base d’« aveux » qui pourraient avoir été obtenus sous la torture.

Arrêté en Ouzbékistan, Husein Dzhelil a été extradé vers la Chine en juin 2006. Le 2 février 2007, il a comparu en procès à Ürümqi, la capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Au cours de ce procès qui a duré cinq heures, Husein Dzhelil a déclaré que ses « aveux » lui avaient été extorqués sous la torture. À la connaissance d’Amnesty International, ces allégations n’ont pas fait l’objet d’une enquête. À aucun moment depuis son placement en détention en Chine Husein Dzhelil n’a été autorisé à prendre contact avec des représentants consulaires du Canada ou des membres de sa famille. Il n’a pas eu non plus le droit de faire appel à un avocat de son choix. Des délégués des autorités canadiennes se sont vu refuser l’autorisation d’assister au procès de février et à l’audience du 19 avril. La mère de Husein Dzhelil, qui était présente, a indiqué que l’avocat commis d’office n’était pas intervenu en faveur de son fils. Celui-ci, a-t-elle précisé, s’est écrié après la lecture du verdict par le juge : « Ce sont des mensonges, rien de tout cela n’est vrai ! Ce ne sont que des mensonges ! Je récuse chaque terme de ce qui vient d’être lu. »

La condamnation à la détention à perpétuité prononcée contre Husein Dzhelil intervient quelques jours seulement après qu’un tribunal eut infligé une peine de neuf ans d’emprisonnement à Ablikim Abdiriyim. Cet homme, qui est le fils de l’ancienne prisonnière d’opinion Rebiya Kadeer, avait été déclaré coupable à l’issue d’un procès inéquitable d’« incitation et [de] participation à des activités sécessionnistes ». Ce procès politique s’inscrivait dans le cadre d’une série d’initiatives répressives menées par le gouvernement de Pékin contre les membres de la famille de Rebiya Kadeer vivant en Chine. Selon les informations recueillies, Ablikim Abdiriyim a été violemment frappé durant sa détention.

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