Communiqué de presse

Chine. Une journaliste incarcérée sous prétexte d’avoir révélé des secrets d’État

Les autorités chinoises utilisent des chefs d’inculpation fabriqués de toutes pièces pour mettre en cause une journaliste de premier plan, incarcérée pour avoir divulgué des secrets d’État, a déclaré Amnesty International.

Gao Yu, 70 ans, est accusée d’avoir communiqué en août 2013 un document « secret » aux éditeurs d’un site Internet étranger, ont annoncé jeudi 8 mai les médias officiels chinois.

« Gao Yu est la dernière en date des victimes des lois chinoises sur le secret d’État, dont la formulation est vague, l’application arbitraire, et que les autorités utilisent régulièrement pour s’en prendre aux militants », a déclaré Anu Kultalahti, chercheuse d’Amnesty International chargée de la Chine.

Gao Yu a pris avec force la défense des victimes de la répression infligée en 1989 au mouvement de Tiananmen. Au cours de la dernière semaine d’avril, plusieurs militants connus ont été arrêtés, tandis que se profile le 25e anniversaire de la répression du 4 juin.

« Lorsque l’on voit à quel moment a été arrêtée Gao Yu, on peut se poser des questions sur les véritables motifs des autorités », a déclaré Anu Kultalahti.

Les amis de Gao Yu ont commencé à se demander où elle pouvait se trouver le jour où elle n’est pas venue à un rassemblement de commémoration de la répression de Tiananmen. Depuis, les médias officiels ont confirmé qu’elle avait été arrêtée le 24 avril.

Selon les informations diffusées dans la presse, la journaliste est accusée d’avoir communiqué un texte idéologique du Parti communiste, connu sous le nom de « document n° 9 ». La liberté de la presse et la liberté de pensée font l’objet d’attaques vigoureuses dans ce document.

« Les informations contenues dans le document n° 9 ne relèvent en rien du secret d’État. Si Gao Yu est maintenue en détention pour avoir communiqué ce document, elle doit être libérée sans délai », a déclaré Anu Kultalahti.

Où est son fils ?
Le jeudi 8 mai au matin, la chaîne CCTV (télévision d’État chinoise) a diffusé des « aveux » de Gao Yu, dont le visage était flouté.

Depuis le 24 avril, on n’a pas de nouvelles de son fils Zhao Meng. Il a peut-être été placé en détention pour faire pression sur sa mère.

« Les “aveux” télévisés ne prouvent rien, et ont vraisemblablement été obtenus par la force. Après des “aveux” pareils, on ne peut pas s’attendre à un procès équitable », a déclaré Anu Kultalahti.

La législation chinoise sur les secrets d’État, dont la formulation est vague, devrait être révisée afin de comporter une définition claire et concise des secrets d’État, ce qui permettrait aux autorités de limiter les sanctions pénales aux cas d’atteinte à la sécurité nationale, et éviterait que les informations soient assimilées a posteriori à des secrets d’État. Ces lois ont trop souvent été utilisées pour condamner des militants n’ayant rien fait d’autre que d’exercer leurs droits légitimes.

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