Cinq hommes arrêtés pour avoir débattu de la Constitution

«  Fidji doit relâcher immédiatement et sans condition les cinq hommes arrêtés samedi 10 septembre pour avoir organisé une réunion dans le but d’évoquer la Constitution fidjienne à l’occasion de la Journée de la Constitution. Il s’agit d’une opération de répression éhontée contre des personnes ayant exercé de manière pourtant pacifique leur droit à la liberté d’expression », a déclaré Rafendi Djamin, directeur pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

« Il semble que ces hommes aient été arrêtés en vertu du décret modifiant la loi relative à l’ordre public, un texte répressif limitant la capacité à organiser des réunions "publiques". Rien n’indique que cet événement représentait une menace pour la sécurité nationale. Les Fidjiens devraient être libres de parler ouvertement de leur loi suprême et même de la critiquer sans crainte de représailles. »

Complément d’information

Cinq hommes ont été arrêtés par la police samedi 10 septembre 2016 après avoir participé à une discussion sur la Constitution de 2013 à l’occasion de la première Journée nationale de la Constitution, un jour férié, mardi 6 septembre 2016.

Les hommes arrêtés se nomment :

Attar Singh, syndicaliste ; Sitiveni Rabuka, dirigeant du Parti libéral social-démocrate (SODELPA) ; Biman Prasad, dirigeant du Parti de la fédération nationale (FNP) ; Tupeni Baba, membre du SODELPA et Jone Dakuvula de Dialogue Fidji, une organisation de la société civile .

La police a effectué une descente au siège du FNP, et des documents et des ordinateurs ont été confisqués.

La police affirme que la discussion s’est tenue sans autorisation. En vertu du décret modifiant la loi relative à l’ordre public, la tenue de « discussions publiques » requiert l’obtention préalable d’un permis. Ce texte ne s’applique pas aux réunions privées.

Cela fait suite à l’annulation d’une réunion de l’industrie sucrière fidjienne mardi 6 septembre, faute d’autorisation.

Amnesty International a précédemment critiqué la Constitution de 2013 parce que ses dispositions relatives à la protection des droits humains sont insuffisantes et qu’elle prévoit en outre des immunités très étendues, couvrant tout acte du gouvernement entre 2006 et 2014.

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