Cinquième anniversaire de l’invasion de l’Irak. L’Union européenne n’est pas assez active face à la grave crise des réfugiés

Communiqué de presse du Bureau européen

Bruxelles – Cinq ans après l’invasion de l’Irak, des millions d’Irakiens déplacés à l’intérieur du pays et à l’étranger sont toujours dans une situation désespérée. L’Union européenne (UE) et ses États membres n’en font pas assez pour les soutenir et les protéger. Lors d’un débat organisé le 19 mars à Bruxelles, un réfugié irakien, le directeur de la Ligue de la jeunesse irakienne et plusieurs experts internationaux s’interrogeront sur le rôle que doit jouer l’UE face au déplacement massif de population qui frappe l’Irak.

« L’Union européenne et ses États membres ne peuvent continuer d’ignorer l’un des plus grands problèmes de déplacement de population au monde, a déclaré le groupe des huit organisations non gouvernementales (ONG) parrainant cette rencontre. Ils n’assument pas leur responsabilité, qui est de venir en aide aux demandeurs d’asile irakiens, aux pays hôtes de la région et aux Irakiens restés dans leur pays. » Ces remarques s’appuient sur de nouvelles recherches menées sur le traitement des demandes d’asile déposées par des Irakiens en Europe, sur la situation des réfugiés irakiens dans les pays voisins de l’Irak et sur la situation des droits humains en Irak.

On estime à six millions le nombre de personnes à l’intérieur de l’Irak qui ont toujours besoin d’une aide humanitaire d’urgence du fait du conflit. Parmi les personnes déplacées se trouvant à l’étranger, environ deux millions ont été accueillies par la Syrie et la Jordanie, mais la charge que cet accueil fait peser sur leurs ressources conduit aujourd’hui ces États à restreindre l’accès à leur territoire. La plupart des personnes autorisées à rester vivent dans un vide juridique – elles n’ont pas reçu le statut de réfugié et n’ont pas non plus obtenu de titre de séjour régulier ni de prolongation de visa. Le nombre de demandes d’asile déposées par des Irakiens dans l’UE est beaucoup moins important (environ 100 000 depuis 2003), mais leur traitement varie considérablement d’un État membre à l’autre ; il en résulte une situation injuste, dans laquelle des personnes d’un même groupe reçoivent un niveau de protection différent selon le lieu où elles se trouvent dans l’UE. En outre, seuls sept États membres proposent actuellement des programmes de réinstallation aux réfugiés vulnérables présents dans les pays tiers.

Au vu des problèmes énumérés ci-dessus, les huit ONG appellent l’UE et les États membres à :

- assurer la protection des demandeurs d’asile, quel que soit le lieu où ils déposent leur demande dans l’UE ;
- faire en sorte que nul ne soit renvoyé de force en Irak et que les demandeurs d’asile déboutés puissent bénéficier d’un statut légal et avoir accès aux services de base ;
- élargir les programmes de réinstallation afin de pouvoir y intégrer davantage de réfugiés irakiens en provenance de pays tiers, en particulier les groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes ayant survécu à des actes de torture ;
- fournir une aide financière et technique aux pays hôtes de la région par le biais des agences des Nations unies et des ONG travaillant avec les réfugiés ;
- financer de manière significative les interventions d’urgence et la reconstruction en Irak, en redirigeant notamment des sommes du Fonds international pour la reconstruction de l’Irak (IRFFI).

Le débat sur le rôle que doit jouer l’UE pour résoudre les problèmes liés aux déplacements massifs d’Irakiens se tiendra le 19 mars à 10h30 à Bruxelles au club de réflexion The Centre. Parmi les participants, disponibles pour des interviews avant et après le débat, figurent Taher Alwan, réfugié irakien en Belgique, Majeed F. Mutar, directeur d’une ONG humanitaire irakienne, ainsi que des experts d’ONG parrainant le débat, de retour de missions sur le terrain en Irak, en Jordanie et en Syrie. Les ONG organisatrices sont : Amnesty International ; European Council on Refugees and Exiles (ECRE) ; International Catholic Migration Commission (ICMC) ; International Rehabilitation Council for Torture Victims (IRCT) ; International Rescue Committee (IRC) ; Islamic Relief (IR) ; MercyCorps et Norwegian Refugee Council.

Les personnes souhaitant commenter cette information, obtenir des détails ou prendre rendez-vous pour un entretien doivent s’adresser au :

Bureau européen d’Amnesty International à Bruxelles
Tél : 32-2-502 1499 -
Fax : 32-2-502 5686 -
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