COLOMBIE - Amnesty International condamne les homicides sans discrimination perpétrés par des guérilleros des FARC

Index AI : AMR 23/007/2006

DÉCLARATION PUBLIQUE

La vague d’homicides dont ont été victimes des civils récemment constitue une violation grave et délibérée du droit international humanitaire, a déclaré ce mardi 28 février 2006 Amnesty International, en réaction aux informations faisant état de plusieurs homicides perpétrés contre des civils par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) dans les départements du Caquetá et du Huila.

Le 27 février 2006, des guérilleros des FARC auraient tué au moins huit conseillers dans la municipalité de Rivera (département du Huila). Des hommes armés ont ouvert le feu sur les conseillers lors d’une réunion du conseil municipal. Cette attaque intervient après que les FARC eurent menacé à plusieurs reprises de tuer les conseillers municipaux du département du Huila et d’autres régions de Colombie s’ils ne démissionnaient pas.

Précédemment, le 25 février, les FARC auraient attaqué un autocar dans le département du Caquetá, tuant neuf civils, dont deux enfants. Cette attaque faisait suite à l’interdiction de tout déplacement de véhicules dans la région décrétée par les FARC. Des membres des FARC ont déjà par le passé incendié des véhicules et tué des civils qui n’avaient pas respecté des interdictions similaires.

Ces homicides suscitent les inquiétudes les plus vives pour la sécurité des élus et des représentants de l’État à la veille des élections législatives du 12 mars 2006. L’inquiétude est vive également pour les autres civils dans les autres régions du pays, où les FARC ont également imposé des restrictions aux déplacements de véhicules.

Une fois encore, Amnesty International met l’accent sur la nécessité pour le gouvernement et les forces de guérilla de conclure de toute urgence un accord humanitaire qui permette d’épargner la population civile. Les forces de la guérilla doivent en outre s’engager dès à présent à respecter le droit international humanitaire.

Il faut que les autorités colombiennes fassent le nécessaire pour que les responsables de tels agissements soient déférés à la justice. À ce titre, Amnesty International est préoccupée par le fait qu’une loi gouvernementale récente va permettre aux personnes qui violent les droits humains et le droit international humanitaire - membres des forces de sécurité, des groupes paramilitaires et de la guérilla - d’échapper à la justice. De telles mesures sont dangereuses parce qu’elles vont conforter les combattants dans l’idée qu’ils peuvent continuer, dans une impunité presque totale, de prendre les civils pour cibles.

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