Colombie : Le gouvernement doit protéger les défenseurs des droits humains

Le gouvernement colombien doit reconnaître que les violences visant les défenseurs des droits humains et les militants œuvrant pour les communautés toujours lourdement frappées par le conflit se sont intensifiées, et qu’il doit prendre d’urgence des mesures pour protéger ces personnes, a déclaré Amnesty International le 9 avril, journée nationale du souvenir et de solidarité avec les victimes du conflit armé.

« Le gouvernement colombien ne peut ignorer la terrible et grandissante vague de meurtres et de menaces dont sont victimes celles et ceux qui défendent les droits humains et leurs communautés. L’absence de l’État et son incapacité à protéger les droits humains ont favorisé un environnement où les dirigeants associatifs peuvent être attaqués en toute impunité, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnesty International.

« Le gouvernement colombien ne peut ignorer la terrible et grandissante vague de meurtres et de menaces dont sont victimes celles et ceux qui défendent les droits humains et leurs communautés. »

« Cette violence déchire le tissu social qui est nécessaire pour la mise en œuvre de l’accord de paix. L’État doit immédiatement assumer ses responsabilités concernant la protection de la vie et de la sécurité des défenseurs, en particulier ceux qui défendent les terres, le territoire et l’environnement, et ceux qui assument des fonctions de chef de file sur le plan social dans des communautés qui continuent d’être durement touchées par le conflit armé. »

Selon les chiffres officiels publiés par l’État colombien, 148 défenseurs des droits humains ont été tués entre le 1er janvier 2017 et le 27 février 2018.

« Compte tenu des violences perpétrées, des meurtres, des menaces et des manœuvres de harcèlement, il est extrêmement inquiétant de constater que les plus hautes autorités de l’État colombien se sont contentées de nier que des personnes étaient tuées à cause de leurs activités de chef de file et de défense des droits humains. »

« L’État doit immédiatement assumer ses responsabilités concernant la protection de la vie et de la sécurité des défenseurs, en particulier ceux qui défendent les terres, le territoire et l’environnement, et ceux qui assument des fonctions de chef de file sur le plan social dans des communautés qui continuent d’être durement touchées par le conflit armé. »

Le gouvernement doit reconnaître que, d’un point de vue historique, le pays tend vers une culture de la violence à l’égard de celles et ceux qui protègent l’intérêt public et qui défendent les droits humains. Une fois que cela aura été reconnu, les mesures de lutte contre ces agissements criminels pourront alors été renforcées, et des mécanismes de prévention et de protection pourront être consolidés.

Les personnes assumant un rôle de chef de file et agissant au nom de communautés, de petits paysans, de victimes et de ceux qui défendent leur territoire et les ressources naturelles, de même que les personnes qui soutiennent la mise en œuvre au niveau régional de l’accord de paix et des processus de restitution des terres, doivent être considérées comme des éléments essentiels de la société par le gouvernement colombien et bénéficier de son soutien plein et entier.

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