Colombie. Les autorités doivent cesser de porter de fausses accusations contre des organisations de défense des droits humains et remédier aux atteintes signalées

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Washington / Londres – Le président colombien Álvaro Uribe doit cesser de proférer de fausses et dangereuses accusations contre les organisations de défense des droits humains qui critiquent son gouvernement, ont indiqué dans une déclaration conjointe Amnesty International et Human Rights Watch. La Colombie devrait plutôt entreprendre de porter remède aux problèmes relatifs aux droits humains que ces organisations mettent en lumière.

Human Rights Watch et Amnesty International ont toutes deux publié des rapports en octobre sur la situation des droits humains en Colombie. Au lendemain de la publication de ces documents, le président Álvaro Uribe a accusé Amnesty International d’ aveuglement , de fanatisme et de dogmatisme . Il a également accusé publiquement José Miguel Vivanco, directeur du programme Amériques de Human Rights Watch, d’être un partisan et un complice des guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Nous nous réjouirions d’avoir l’occasion de débattre des questions de fond avec le président, a assuré Susan Lee, directrice du programme Amériques d’Amnesty International. Mais ces déclarations dénigrent sa présidence et donnent le feu vert à ceux qui souhaitent faire du tort aux défenseurs des droits humains en Colombie .

Amnesty International et Human Rights Watch attendent toujours que le gouvernement colombien apporte des réponses pondérées et détaillées aux graves problèmes relatifs aux droits humains qu’elles ont soulevés dans leurs rapports.

En 2008, après qu’un conseiller présidentiel, José Obdulio Gaviria, a laissé entendre que les organisateurs d’une manifestation contre les escadrons de la mort paramilitaires entretenaient des liens avec la guérilla, une vague de menaces et de violences a déferlé sur les participants et les organisateurs de cette marche, dont certains ont été tués.

Amnesty International et Human Rights Watch ont fait remarquer que le président Álvaro Uribe et de hauts responsables du gouvernement ont souvent lancé des accusations similaires contre ceux qui critiquent ou font barrage à leurs politiques, notamment les organisations de défense des droits humains colombiennes et internationales, mais aussi la Cour suprême colombienne, des syndicalistes et d’éminents journalistes.

Ces accusations ridicules sont symptomatiques d’un gouvernement qui refuse d’être tenu pour responsable de ses actes, a martelé José Miguel Vivanco de Human Rights Watch. Au lieu de prendre au sérieux les problèmes de la Colombie en matière de droits fondamentaux, le président Álvaro Uribe préfère détourner les critiques en accusant tout simplement les détracteurs, quels qu’ils soient, d’entretenir des liens avec les mouvements de guérilla.

Pour consulter le rapport d’Amnesty International intitulé Leave us in peace ! Targeting civilians in Colombia’s internal armed conflict, veuillez cliquer sur le lien suivant : http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR23/023/2008/en.

Pour consulter le rapport de Human Rights Watch intitulé Breaking the Grip ? Obstacles to Justice for Paramilitary Mafias in Colombia, veuillez cliquer sur le lien suivant : www.hrw.org/en/reports/2008/10/16/breaking-grip.

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