Colombie : Plus de 1 000 personnes déplacées de force en quatre jours

Face à la vague de déplacements forcés dans plusieurs régions du pays, l’État colombien doit garantir les droits des personnes déplacées et protéger plusieurs communautés qui restent menacées, a déclaré Amnesty International le 23 janvier 2018.

Entre le 17 et le 20 janvier, plus de 1 000 personnes ont été déplacées de force et beaucoup d’autres risquent encore de l’être en raison des affrontements entre différents groupes armés dans les régions de Bajo Cauca, du sud de Córdoba et aux frontières entre les départements de Boyacá et du Casanare.

D’après une déclaration publiée par le bureau du médiateur colombien le 22 janvier, des affrontements ont éclaté entre l’Armée de libération nationale (ELN) et des dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) le 17 janvier au Conseil communautaire de La Voz de los Negros (Consejo Comunitario La Voz de los Negros), dans le département de Nariño (municipalité de Magüi Payán), qui ont causé le déplacement de 172 personnes. Des heurts avaient déjà éclaté dans cette municipalité entre des groupes armés le 27 novembre dernier, causant la mort de 13 personnes. À la connaissance d’Amnesty International, les investigations sur ces événements n’ont pas progressé.

Le 18 janvier, Plínio Pulgarín, président du Comité d’action communale de la ville de San Pedrito (municipalité de San José de Uré), dans le département de Córdoba, a été assassiné par un groupe armé illégal, appelé Caparrapos, qui a également menacé la communauté. Ces événements ont contraint 375 familles à partir ce jour-là, d’après le bureau du médiateur. En outre, le risque de déplacement forcé est latent pour les habitants de la réserve indigène voisine de Dochama.

Le 19 janvier, dans 10 villes du département d’Antioquia (municipalités de Cáceres et Caucasia), le bureau du médiateur a recensé le déplacement de 383 personnes de la communauté indigène des Zenús et d’autres communautés rurales. En effet, des hommes armés ont averti la communauté qu’il y aurait un affrontement avec un groupe armé illégal de Barro Blanco (municipalité de Tarazá). En outre, 350 familles vivant aux alentours risquent d’être déplacées de manière imminente.

Le 20 janvier, trois familles ont été déplacées de force au bureau de l’inspection de la police de Morcote (municipalité de Playa), dans le département de Boyacá, en raison d’affrontements entre les forces de l’ordre et l’ELN, et d’autres familles de la région risquent aussi d’être déplacées. Ce jour-là, le Conseil communal de Bajo Calima (municipalité de Buenaventura) a enregistré la présence de groupes de l’ELN, ce qui a suscité la peur chez les habitants et exposé cinq communautés au risque de déplacement forcé.

« Le conflit armé en Colombie est sans fin. L’État doit renforcer les mécanismes visant à prévenir les déplacements forcés dus aux affrontements entre groupes armés. Le cessez-le-feu avec l’ELN ayant expiré, il faut absolument que les droits humains des personnes et des communautés qui vivent dans les zones de conflit soient respectés  », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

Depuis la fin du cessez-le-feu avec l’ELN le 9 janvier 2018, le conflit armé s’intensifie dans de nombreuses régions en Colombie. Des dizaines de cas de déplacement forcé ont été recensés, ainsi que des chiffres alarmants se rapportant à l’assassinat de dirigeants communautaires et de défenseurs des droits humains dans les départements d’Antioquia, de Córdoba, du Cauca et de Boyacá, conséquence des affrontements entre l’ELN, les groupes paramilitaires, les forces de sécurité étatiques et les dissidents des FARC.

Amnesty International engage le gouvernement colombien à garantir l’accès à l’aide humanitaire d’urgence pour les personnes déplacées dans ces régions et à garantir qu’elles puissent bénéficier du plan global mis sur pied par l’Unité d’aide aux victimes. Enfin, il importe de rappeler que l’État colombien se doit de protéger les citoyens, victimes du conflit armé qui perdure dans plusieurs régions du pays.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

M. Borsus, dites non aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Les armes vendues par la Région wallonne à des pays violant sans le moindre scrupule les droits humains font couler du sang innocent. Cela doit cesser. Signez notre pétition