Communiqué de presse

Combat contre la torture : la Belgique est un mauvais élève

A la veille de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, Amnesty International rappelle que la Belgique, malgré toutes ses promesses, n’a toujours pas ratifié le Protocole facultatif à la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (OPCAT).

Ce Protocole, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2002 et entré en vigueur en juin 2006, prévoit notamment un système de visites régulières exercées par des instances indépendantes nationales ou internationales dans les lieux où les personnes se trouvent privées de leur liberté.

Le fait que la Belgique n’a toujours pas ratifié le Protocole des Nations unies contre la torture, alors qu’elle l’a promis, est une véritable honte pour notre pays. Cela signifie concrètement qu’aucun mécanisme national n’existe en Belgique pour prévenir la torture et les mauvais traitements dans les lieux de privation de liberté”, déclare Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

En janvier 2016, la Belgique devra rendre compte de ses engagements en matière de droits fondamentaux devant le Conseil des Droits de l’homme des Nations unies. “Nous espérons qu’elle ne se contentera pas d’une promesse de ratification ultérieure mais qu’elle profitera du temps qui lui reste pour déposer au Parlement le projet d’adhésion au protocole”, déclare encore Philippe Hensmans. Dans ce contexte, Amnesty International demande non seulement que l’OPCAT soit ratifié, mais également que le mécanisme de contrôle qui y est lié soit intégré à la création d’une institution nationale des droits humains, autre promesse dont la tenue a également pris beaucoup de retard.

Amnesty International a lancé la campagne Stop Torture le 13 mai 2014 afin de dénoncer une « crise mondiale liée à la torture ». Depuis, elle a publié des rapports sur la torture dans cinq pays : le Mexique, le Maroc, le Nigeria, les Philippines et l’Ouzbékistan.

Cette Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture est également l’occasion pour Amnesty International de rappeler que la torture demeure une pratique courante partout dans le monde. Si 157 pays ont ratifié la Convention des Nations unies contre la torture, des gouvernements continuent de recourir à cette pratique dans le but d’obtenir des informations, d’extorquer des “aveux”, de faire taire les dissidents ou simplement comme une forme cruelle de sanction. Ainsi, des cas de torture et de mauvais traitements ont été recensés dans 141 pays au cours des cinq dernières années.

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