Condamnation de la violente répression à Bahreïn

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

15 mars2011

Amnesty International a appelé les gouvernements de Bahreïn et de l’Arabie saoudite à maîtriser sans délai leurs forces de sécurité après qu’un manifestant antigouvernemental a été abattu et beaucoup d’autres personnes blessées par balle à Bahreïn mardi 15 mars.

Des témoins ont indiqué à l’organisation que des policiers antiémeutes bahreïnites et des agents en civil des forces de sécurité avaient utilisé des fusils, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène contre des manifestants dans les villes de Sitrah et Maameer. Plusieurs ambulanciers ont été attaqués par la police antiémeutes avec des matraques alors qu’ils tentaient d’arriver jusqu’aux personnes blessées.

Amnesty International a reçu un autre témoignage indiquant que des policiers antiémeutes avaient bloqué l’accès au centre de santé de Sitrah, où de nombreux blessés étaient conduits, laissant d’autres personnes blessées étendues par terre sans assistance dans les rues. L’alimentation électrique de cet établissement a en outre été coupée.

« Les autorités bahreïnites doivent immédiatement maîtriser leurs forces de sécurité et faire cesser leur recours à une force excessive, et les autorités saoudiennes doivent également exiger cela si elles ne s’avèrent pas complices, a déclaré Malcolm Smart, directeur du Programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Toutes les personnes impliquées doivent agir avec modération pour éviter de nouvelles pertes humaines. »

Ces tirs ont eu lieu alors que le roi de Bahreïn a décrété l’état d’urgence pour une durée de trois mois, tandis que les manifestants antigouvernementaux continuent de réclamer une réforme.

« Les coups de feu tirés [mardi 15 mars] et les informations que nous recevons au sujet du refus de soins médicaux aux blessés sont extrêmement inquiétants et montrent une escalade vraiment alarmante après les homicides de manifestants par la police en février et l’arrivée, [lundi 14 mars], de troupes saoudiennes et de policiers émiratis pour appuyer le gouvernement de Bahreïn », a souligné Malcolm Smart.

Amnesty International a confirmé qu’un homme était mort au centre de santé de Sitrah après avoir été blessé par balle, mais l’organisation n’a pas encore pu vérifier les autres décès signalés.

Selon des sources émanant des hôpitaux et d’autres témoins oculaires, plusieurs centaines de personnes ont été admises avec des blessures, mais il est difficile de déterminer si celles-ci ont été causées par un recours excessif à la force ou au cours d’affrontements violents.

D’après les informations parues dans les médias mardi 15 mars, un soldat saoudien a été tué après des affrontements avec des manifestants.

« L’imposition de l’état d’urgence par le roi ne doit pas servir de prétexte pour la répression et les atteintes aux droits humains, comme cela a été le cas dans tant d’autres pays, a ajouté Malcolm Smart. Les responsables présumés du recours excessif à la force, des homicides illégaux et des autres graves violations doivent être amenés à rendre des comptes, et le roi et son gouvernement ont l’obligation de s’en assurer. »

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