Des militants condamnés à tort à l’issue d’un procès politisé

Les verdicts de culpabilité et les condamnations à des peines de prison prononcés contre 17 militants lundi 28 mars par le tribunal provincial de Luanda sont un affront à la justice, auquel il convient de remédier, a déclaré Amnesty International, qui demande leur libération immédiate et sans condition en tant que prisonniers d’opinion.

Ces 17 militants ont été condamnés à des peines allant de deux à huit ans et demi d’emprisonnement.

En outre, Amnesty International estime que la décision du tribunal demandant à chacun d’entre eux de s’acquitter des frais judiciaires tourne la justice en dérision.

«  Ces condamnations et les peines infligées à ces militants pacifiques qui n’auraient jamais dû être arrêtés démontrent que les autorités angolaises se servent du système pénal pour faire taire les opinions dissidentes. Cette décision va à l’encontre de la justice, a déclaré Deprose Muchena, directeur à Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Les militants ont été condamnés à tort à l’issue d’un procès fortement politisé. Ils sont victimes d’un gouvernement déterminé à intimider quiconque ose remettre en cause sa politique répressive. »

Parmi eux, 15 ont été arrêtés et placés en détention en juin à Luanda après avoir participé à une réunion pour débattre de préoccupations liées à la politique et à la gouvernance du pays. Deux autres militants avaient également été accusés, mais n’ont pas été arrêtés. Les 17 militants ont été initialement inculpés le 16 septembre 2015 de préparation d’une « rébellion » et de « complot contre le président ».

Le 21 mars 2016, à l’issue des plaidoiries, le procureur général a abandonné la charge de « complot contre le président », tout en maintenant celle d’« actes préparatoires de rébellion ». Il a ajouté un nouveau chef d’inculpation, celui d’« association de malfaiteurs », passible d’une peine de prison comprise entre deux et 12 ans.

L’un des militants, Luaty Beirão, avait également été inculpé de falsification de documents, infraction passible d’une peine maximale de huit ans d’emprisonnement.

«  Amnesty International considère les 17 militants comme des prisonniers d’opinion. Ils n’auraient pas dû passer un seul jour derrière les barreaux : les autorités doivent les libérer immédiatement et sans condition, et annuler leurs condamnations  », a déclaré Deprose Muchena.

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