CONSEIL D’ASSOCIATION UE-ISRAEL : IL FAUT METTRE ISRAËL EN DEMEURE DE S’EXPLIQUER SUR LES ATTEINTES AUX DROITS HUMAINS

COMMUNIQUÉ DU BUREAU EUROPÉEN D’AMNESTY INTERNATIONAL

IOR 30/007/2006

Les violations persistantes des droits humains par Israël devraient être l’un des sujets prioritaires lors du Conseil d’association UE-Israël prévu le 13 juin, selon Amnesty International.

Un bilan de l’usage disproportionné de la force contre des civils par Israël a été présenté à la présidence autrichienne dans un rapport qui reprend les principaux sujets d’inquiétude d’Amnesty International en matière de droits humains. (Le document est disponible sur le site http://www.amnesty-eu.org )

Plus de 100 Palestiniens, parmi lesquels 20 enfants, ont été tués depuis le début de l’année par les forces israéliennes. Des passants innocents ont fréquemment été victimes de tirs de missiles et autres attaques du même genre.

« Israël est confronté à de graves problèmes de sécurité mais il ne peut les résoudre au détriment de civils innocents. Cela ne fait que perpétuer le cycle de la violence dont les Israéliens sont aussi les victimes », a déclaré Dick Oosting, directeur du bureau européen d’Amnesty International.

Exécutions extrajudiciaires et détentions administratives continuent d’être pratiquées par Israël, bien que ces méthodes soient illégales et violent le droit relatif aux droits humains. Actuellement, plus de 600 Palestiniens sont détenus, sans avoir été inculpés ni jugés, dans des camps militaires dans des conditions extrêmement difficiles.

Le développement et l’expansion de colonies dans les territoires occupés se poursuivent également, en violation flagrante du droit international. Le gouvernement israélien vient de confirmer son projet de bâtir 3500 nouveaux logements à Jérusalem-est.

En tant que puissance occupante, Israël a l’obligation légale de veiller à ce que les besoins vitaux de la population soient satisfaits. Cette responsabilité est encore plus grande aujourd’hui, en raison de la récente aggravation de la situation humanitaire dans les territoires palestiniens. Mais des mesures telles que la poursuite de la construction du mur en Cisjordanie et la fermeture du point de passage de Karni/Muntar, seul point de passage pour les marchandises à Gaza, ne font qu’aggraver la pauvreté qui sévit dans la région.

L’organisation de défense des droits humains s’inquiète également de la loi discriminatoire sur la citoyenneté et l’entrée en Israël qui empêche tout regroupement familial. Cette loi vise les Israélien(ne)s marié(e)s à des Palestinien(ne)s des territoires occupés ; bien qu’elle semble davantage obéir à des raisons démographiques que répondre à des impératifs de sécurité, son impact sur les droits fondamentaux des personnes est très important.

Amnesty International appelle l’UE à aborder ces questions avec les autorités israéliennes en leur demandant notamment :
de s’abstenir de tout recours disproportionné à la force contre des civils ;
de se conformer aux obligations qui sont les leurs en tant que puissance occupante, au regard du droit international humanitaire, et de veiller au bien-être de la population palestinienne ;
de mettre fin aux pratiques illégales que sont la détention administrative et les exécutions extrajudiciaires ;
d’abroger ou de réformer la loi sur la citoyenneté et l’entrée en Israël et de respecter le principe de non-discrimination.

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