Corée du Sud : Expulsion de deux dirigeants du Syndicat des travailleurs migrants (MTU)

Amnesty International déplore l’expulsion de Torna Limbu et Abdus Sabur de Corée du Sud ce jeudi 15 mai. Torna Limbu, ressortissant népalais et Abdus Sabur, ressortissant bangladais étaient respectivement président et vice-président du Syndicat des travailleurs migrants (MTU) de Séoul-Gyeonggi-Incheon. Tous deux avaient été arrêtés le 2 mai 2008.

Les deux hommes ont été expulsés malgré l’enquête en cours menée par la Commission nationale des droits humains (NHRC) sur les allégations de violences subies par les deux hommes lors de leur arrestation ; ils auraient notamment été frappés par des policiers du service de l’immigration. Ils n’ont pas eu la possibilité de contester la décision d’expulsion les concernant. Torna Limbu et Abdus Sabur étaient tous deux détenus au centre de détention de Cheongju, dans la province du Chungcheong du Nord, au sud de Séoul.

Amnesty International considère l’arrestation, la détention et l’expulsion de Torna Limbu et Abdus Sabur comme une tentative du gouvernement pour les priver de leurs droits syndicaux, droits protégés par la Constitution sud-coréenne au même titre que le droit à la liberté d’association, et décourager les travailleurs migrants en général d’exercer ce droit. Le droit de s’associer librement avec d’autres est garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP, article 22) auquel la Corée du Sud est État partie.

« Nous sommes très inquiets des mesures prises par les autorités gouvernementales pour empêcher le MTU de mener ses actions syndicales légitimes. Ces expulsions semblent s’inscrire dans la continuité d’un mouvement de répression ciblée visant les dirigeants de ce syndicat dont trois cadres ont été arrêtés en novembre 2007 avant d’être expulsés », a déclaré Amnesty International.

Amnesty International appelle le gouvernement sud-coréen à respecter le droit à la liberté d’association pour tous les travailleurs migrants et à faire en sorte qu’ils bénéficient de toutes les garanties d’une procédure régulière, conforme aux normes du droit international relatif aux droits humains et à la législation nationale, avant que des mesures d’expulsion ne soient mises en œuvre.

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