Côte d’Ivoire. L’ONU doit protéger les dizaines de milliers de civils déplacés dans l’ouest du pays


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

13 avril 2011

La Mission des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) doit assurer la protection des dizaines de milliers de civils déplacés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire qui souhaitent - mais qui ont peur - de retourner dans leurs villages, a indiqué aujourd’hui Amnesty International.

« Des milliers de personnes se cachent dans la brousse dans des conditions sanitaires dangereuses et sans nourriture. Elles ont besoin d’être rassurées et d’avoir la possibilité de retourner chez elles », a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur à Amnesty International qui se trouve actuellement dans l’ouest du pays.

Une délégation d’Amnesty sur le terrain a constaté que des dizaines de villages, situés entre les villes de Guiglo et Blolequin (à 600 km à l’ouest d’Abidjan), ont été brûlés ou pillés et la quasi-totalité des habitants ont fui, suite aux affrontements qui ont eu lieu dans la région à la fin du mois de mars.

« Nous avons vu des villages fantômes avec presque aucun civil. La quasi-totalité des 30 000 civils vivant à Blolequin ont fui après les terribles combats et massacres qui ont eu lieu », a dit Gaëtan Mootoo.

« Le contingent de l’ONUCI qui est basé à Guiglo patrouille deux fois par jour dans la région, mais c’est totalement insuffisant pour protéger les populations civiles en danger. Amnesty International appelle l’ONUCI à accroître de manière significative sa présence dans la région et notamment à Blolequin, afin d’assurer la protection des civils et de créer les conditions d’un retour sûr de ces populations dans leurs lieux d’origine », a dit Gaëtan Mootoo.

« Les autorités ivoiriennes ont également le devoir de veiller à ce que toutes les personnes déplacées qui le souhaitent aient la possibilité de retourner chez elles et de récupérer leurs terres. C’est une responsabilité qui incombe aux autorités, aux termes du droit international », a dit Gaëtan Mootoo.

A Blolequin, la délégation a été témoin de scènes de désolation. La majeure partie de la ville est détruite et ne comprend quasiment plus de civils. Seuls des dizaines d’éléments armés des Forces Républicaines loyales à Alassane Ouattara parcourent la ville. Amnesty International est particulièrement inquiète quant au sort du prêtre de Blolequin, Damien Gecbeu, dont on est sans nouvelles depuis l’attaque de la ville par les Forces Républicaines fin mars.

Amnesty International a également appris qu’au moins 47 personnes avaient été tuées à Blolequin le 31 mars.

« Les responsables des Forces Républicaines nous ont dit que ces personnes ont été tuées par des mercenaires libériens loyaux à Laurent Gbagbo, mais seule une enquête indépendante peut réellement établir la vérité sur ces crimes et sur les nombreux autres massacres qui ont eu lieu dans cette région », a dit Gaëtan Mootoo.

Environ une trentaine de personnes appartenant au groupe ethnique guéré, considéré comme des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo, sont rentrés à Blolequin après avoir passé plusieurs semaines dans la brousse, a signalé la délégation d’Amnesty International. Certains sont malades et nécessitent des soins médicaux d’urgence.

« Il y a un besoin urgent d’une aide humanitaire internationale pour aider les milliers de personnes qui errent dans la brousse dans la région de Blolequin sans aucune nourriture ni abri. Si rien n’est fait de toute urgence, les personnes les plus vulnérables risquent de mourir de faim, de maladie ou d’épuisement », a ajouté Gaëtan Mootoo.

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