Cuba, Les autorités doivent garantir la liberté de la presse en pleine pandémie

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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Amnesty International, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Article 19 adressent une lettre ouverte au président Miguel Diaz-Canel pour lui demander de prendre des mesures immédiates afin de garantir la liberté de la presse et de protéger les journalistes indépendants à Cuba.

Ces trois organisations ont aussi décidé de rédiger cette lettre à la lumière d’informations récentes concernant les journalistes indépendants dans le pays, qui auraient écopé d’amendes ou été la cible d’actes d’intimidation de la part d’agents des services de sécurité de l’État en raison de leur travail.

« C’est une honte de voir que la censure des journalistes indépendants à Cuba, que nous dénonçons depuis des années, s’aggrave ces dernières semaines »

« En pleine pandémie de COVID-19, il est crucial de garantir la liberté de la presse et l’accès à des informations exactes et récentes. C’est une honte de voir que la censure des journalistes indépendants à Cuba, que nous dénonçons depuis des années, s’aggrave ces dernières semaines : des journalistes indépendants affirment qu’ils ont été condamnés à des amendes pour s’être intéressés à la pandémie de COVID-19 et à son impact dans le pays. Aucun journaliste ne devrait avoir à choisir entre se taire ou aller en prison. Nous demandons au gouvernement de Miguel Diaz-Canel de prendre immédiatement des mesures afin de garantir la liberté de la presse », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International.

Dans cette lettre ouverte, les autorités cubaines sont invitées à libérer immédiatement et sans condition Roberto Quiñones Haces, prisonnier d’opinion cubain âgé de 63 ans, détenu depuis septembre 2019 pour avoir pratiqué le journalisme indépendant et qui est désormais exposé au risque de contracter le COVID-19.

« Les amendes et les menaces d’incarcération sont utilisées à des fins de dissuasion et d’autocensure contre la corporation des journalistes indépendants sur l’île. En ce sens, l’incarcération du journaliste Roberto Quiñones depuis septembre 2019 sert d’avertissement à tous les journalistes et professionnels des médias critiques, malgré les nombreux appels en faveur de sa libération. Assurément, ces appels prennent aujourd’hui tout leur sens, car le risque de contagion par le COVID-19 est bien réel, particulièrement pour les personnes âgées et plus encore pour les personnes incarcérées à la prison provinciale de Guantánamo où, selon le témoignage du journaliste, les conditions sont inhumaines », a déclaré Ana Cristina Ruelas, directrice régionale d’Article 19 Mexique et Amérique centrale.

« Les autorités cubaines doivent libérer Roberto de Jesús Quiñones Haces et veiller à ce que les journalistes sur l’île ne soient pas en butte au harcèlement, aux menaces, à l’intimidation ni à des peines de prison, simplement pour avoir rapporté des faits. Tant qu’ils restent derrière les barreaux, Roberto Quiñones et les journalistes incarcérés sont exposés à un risque accru de contracter le COVID-19, car ils ne peuvent pas s’isoler, maintenir la distanciation sociale ni suivre les directives sanitaires. Le journalisme ne saurait être passible d’une condamnation à mort, ni maintenant, ni plus tard », a déclaré Natalie Southwick, coordinatrice du Programme d’Amérique centrale et du sud du CPJ.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme et son rapporteur sur la liberté d’expression ont récemment redit leur préoccupation au sujet de la liberté d’expression dans les Amériques pendant la pandémie de COVID-19. Cuba est toujours le seul pays des Amériques où Amnesty International et d’autres mécanismes de surveillance de la situation des droits humains ne sont pas autorisés à entrer.

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