Cuba. Décès d’Oswaldo Payá Sardiñas, dirigeant politique et défenseur des droits humains

Par Gerardo Ducos, chargé des recherches sur Cuba à Amnesty International

Cuba vient de perdre l’un de ses défenseurs des droits humains et militants en faveur de la démocratie les plus respectés : Oswaldo Payá Sardiñas a succombé à un tragique accident de la route le 22 juillet, dans la province de Granma.

Ce militant de longue date dirigeait le Mouvement chrétien « Libération » (MCL). Dans les années 1960, ses convictions lui avaient valu d’être envoyé en camp de travail.

Ses proches et les dissidents cubains s’interrogent sur les circonstances exactes de l’accident qui lui a coûté la vie.
Alors qu’une enquête s’ouvre, des militants demandent simplement que l’on détermine en toute transparence de quelle manière il a trouvé la mort.

Aujourd’hui encore, les droits que défendait Oswaldo Payá Sardiñas continuent d’être bafoués lorsque des prisonniers d’opinion sont détenus pour une courte durée ou incarcérés.

Certains de ces prisonniers, comme Antonio Lima Cruz et Marcos Lima Cruz, n’ont pas pu rendre hommage à Oswaldo Payá Sardiñas autrement que derrière les barreaux.

En 1998, Oswaldo Payá Sardiñas a cofondé le projet Varela, initiative civile prônant des réformes politiques sous-tendues par un processus juridique. En 2002, une pétition et un projet de loi appelant à un référendum sur la transition démocratique, appuyés par plus de 10 000 signatures, ont été soumis à l’Assemblée nationale cubaine.

Le projet a été rejeté par le gouvernement, qui a réagi en modifiant la Constitution grâce à un référendum qui a conféré un caractère irrévocable au régime socialiste.

En 2002, le Parlement européen a décerné à Oswaldo Payá Sardiñas le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit en reconnaissance de ses efforts en faveur de la liberté d’expression, d’élections pluralistes libres et de la libération de tous les prisonniers politiques à Cuba.

Parmi les 75 prisonniers d’opinion condamnés en mars 2003 figuraient des dizaines de partisans du projet Varela et de membres du MCL. Les autorités ont libéré sous condition toutes ces personnes entre 2009 et 2010, en contraignant toutefois la plupart d’entre elles à l’exil.

Par le passé, Oswaldo Payá Sardiñas s’était plaint d’être menacé par les autorités du fait de son militantisme. Cela met en lumière les difficultés et la répression auxquelles se heurtent les défenseurs des droits humains et les opposants politiques à Cuba.

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