CUBA : Des dizaines de dissidents seront « traduits en justice »

Index AI : AMR 25/009/2003

Après la vague d’arrestations de dissidents qui s’est déclenchée ce 18 mars à Cuba, Amnesty International s’inquiète des 77 nouveaux prisonniers d’opinion que pourrait compter l’île, détenus pour l’exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression et d’association, a déclaré l’organisation dans un rapport sur Cuba publié ce jeudi 3 avril (index AI : AMR 25/008/2003).

« Des journalistes indépendants, des membres de groupes de défense des droits humains, des militants politiques et d’autres personnes perçues comme des dissidents ont été placés en détention dans tout le pays au cours d’une importante opération policière, dans le cadre de ce qui apparaît comme la répression la plus dure depuis des décennies », a déclaré Amnesty International.

Du dissident célèbre au militant de base, les détenus n’ont toujours pas été inculpés, et le lieu de leur détention n’a pas toujours été communiqué.
Selon certaines informations, les forces de sécurité ont fouillé des domiciles et confisqué des ordinateurs, des télécopieurs, des machines à écrire, des livres et des documents au moment des arrestations. Les personnes détenues risquent jusqu’à vingt ans d’emprisonnement, en application d’une loi répressive adoptée en 1999.

Outre ces mises en détention, d’autres grandes figures de l’opposition ont subi des harcèlements. Des agents des forces de sécurité en civil se seraient postés juste devant les domiciles, entre autres, d’Oswaldo Payá Sardiñas, dirigeant d’un mouvement citoyen pour un changement démocratique, et d’Elizardo Sánchez Santacruz, du CCDHRN, une importante organisation cubaine de défense des droits humains.

« Amnesty International souhaite une explication immédiate des autorités cubaines concernant les récentes mises en détention de ces personnes, dont la liste des chefs d’inculpation ainsi que les fondements juridiques de leurs procès », a souligné l’organisation.

De plus, Amnesty International demande au gouvernement cubain la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers d’opinion à Cuba.

« Nous demandons aux autorités de changer la loi cubaine, qui sert à "légitimiser" la détention persistante des prisonniers d’opinion, en rendant illégal l’exercice de libertés fondamentales », a conclu Amnesty International.

Avant la récente vague de répression, l’organisation avait déjà adopté 15 prisonniers d’opinion à Cuba. Avec ces arrestations massives, ce nombre pourrait atteindre son plus haut niveau depuis ces dernières années.

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