Cuba : des réformes s’imposent après la mort d’un prisonnier d’opinion en grève de la faim

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

24 février 2010 - ÉFAI

À la suite de la mort d’un militant politique qui observait une grève de la faim, Amnesty International a exhorté le président cubain, Raúl Castro Ruz, à libérer tous les prisonniers d’opinion immédiatement et sans condition.

Selon les informations recueillies, Orlando Zapata Tamayo a entamé un jeûne de protestation pour dénoncer ses conditions de détention plusieurs semaines avant sa mort à la Havane, ce lundi 22 février.

« La mort tragique d’Orlando Zapata Tamayo illustre de façon terrible le désespoir des prisonniers d’opinion victimes d’une incarcération inique et prolongée qui ont perdu tout espoir de retrouver la liberté », a déclaré Gerardo Ducos, chercheur d’Amnesty International chargé des Caraïbes.

Une enquête exhaustive doit être menée pour déterminer si la mort de cette homme est consécutive à des mauvais traitements, a ajouté Amnesty International.

Arrêté en mars 2003, Orlando Zapata Tamayo a été condamné en mai 2004 à trois ans de prison pour « irrespect », « trouble à l’ordre public » et « rébellion ».

Il a par la suite comparu en justice à plusieurs reprises pour répondre de « désobéissance » et d’« atteinte à la tranquillité d’un établissement pénitentiaire », en mai 2009 pour la dernière fois. Au moment de sa mort, il purgeait une peine cumulée de 36 ans de réclusion.

« Le fait qu’Orlando Zapata Tamayo, face à la perspective d’une peine de prison prolongée, ait eu le sentiment que la seule issue qu’il lui restait était de s’affamer pour protester contre sa situation est un terrible réquisitoire contre la répression qui continue à frapper les dissidents politiques à Cuba.

« La mort d’Orlando Zapata montre également à quel point il est urgent que les autorités cubaines invitent des experts internationaux en droits humains à se rendre dans le pays pour que ceux-ci s’assurent que les droits fondamentaux, et plus particulièrement les obligations qui incombent à Cuba aux termes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), y sont bien respectés. »

Complément d’information

Orlando Zapata Tamayo était l’un des 55 prisonniers d’opinion qu’Amnesty International a adoptés à Cuba.

La plupart d’entre eux font partie des 75 personnes qui ont été arrêtées dans le cadre des mesures de répression massives adoptées par les autorités contre les militants politiques en mars 2003. À Cuba, le système judiciaire n’est pas indépendant ; les procès, souvent sommaires, sont contraires aux règles internationales d’équité les plus élémentaires et une fois condamnée, une personne n’a quasiment aucune chance d’être disculpée en appel.

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