Cuba. Les Dames en blanc sont exposées aux coups et aux mesures d’intimidation

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI - 18 mars 2010

Amnesty International a exhorté le président cubain Raúl Castro à garantir la sécurité d’une organisation de femmes, épouses ou mères de prisonniers d’opinion, qui doivent manifester jeudi 18 mars 2010.

Cet appel intervient alors que la manifestation organisée le 17 mars par les Damas de Blanco (Dames en blanc) a été dispersée de force par la police cubaine, qui a brièvement placé en détention plusieurs manifestantes.

Après ces événements, plusieurs femmes ont affirmé avoir été battues par les policiers. Il s’agit notamment de Reyna Tamayo, mère d’Orlando Zapata Tamayo, décédé le 22 février 2010 après avoir observé pendant plusieurs semaines une grève de la faim pour réclamer la libération des prisonniers d’opinion.

« Les autorités cubaines doivent cesser de réprimer la dissidence légitime et de harceler ceux qui ne font que demander justice et exercer leur droit à la liberté d’expression, a indiqué Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnesty International. Elles doivent réviser leurs lois répressives et libérer tous les prisonniers qui se trouvent derrière les barreaux depuis des années, parce qu’ils ont été déclarés coupables d’infractions bien souvent dénuées de tout fondement à l’issue de procès sommaires. »

Les Dames en blanc, organisation non reconnue qui rassemble des épouses, des mères et des amis des personnes incarcérées lors d’une vague massive de répression autour du 18 mars 2003, ont mis sur pied des manifestations quotidiennes à La Havane durant la semaine commémorant le 7e anniversaire des arrestations. Cinquante-trois des personnes arrêtées en mars 2003 sont toujours sous les verrous.

Depuis le lancement de leur campagne, les membres des Dames en blanc sont victimes de menaces et de mesures d’intimidation de la part des services de sécurité cubains.

Le 15 mars 2010, des membres des forces de sécurité se sont rendus chez Soledad Riva et lui ont conseillé de ne pas prendre part aux événements organisés par les Dames en blanc. Ils l’ont avertie que, si elle participait à une manifestation, elle risquait d’être battue et de ne plus revoir ses enfants. Ils vivent en effet à l’étranger et Soledad Riva tente d’obtenir un visa afin de leur rendre visite. Jusqu’à présent, les autorités cubaines n’ont pas accédé à sa requête.

L’époux de Soledad Riva est un ancien prisonnier d’opinion, Roberto de Miranda Hernández, incarcéré en mars 2003, mais libéré en juin 2004 pour raisons de santé.

Le 16 mars, lors d’une marche en faveur de la libération de leurs proches, plusieurs membres des Dames en blanc ont été victimes d’intimidations de la part de partisans du gouvernement.

Les partisans du gouvernement les ont insultés et ont agressé physiquement William Cepero Garcia, un homme qui soutient leurs revendications. Hugo Damian Prieto et Juan Carlos Vasallo, deux hommes apportant eux aussi leur soutien à la manifestation, ont été interpellés.

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