Dans l’est d’Alep, les civils craignent les actes de représailles

Les forces gouvernementales syriennes qui ont pris le contrôle de quartiers de l’est de la ville d’Alep ces derniers jours doivent veiller à ce que les civils vivant dans ces secteurs puissent circuler librement et soient protégés contre les actes de représailles, notamment la détention arbitraire, la torture, la disparition forcée et le harcèlement, a déclaré Amnesty International lundi 28 novembre 2016.

Le 27 novembre, les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle de deux quartiers dans l’est de la ville d’Alep, Jabal Badro et Maskaen Hanano, où vivent actuellement une centaine de familles. Parmi les civils qui sont restés dans ces quartiers, beaucoup ont déclaré à Amnesty International craindre des actes de représailles de la part des forces gouvernementales.

« Les forces gouvernementales syriennes ont à plusieurs reprises lancé des attaques illégales contre la ville d’Alep, en faisant preuve d’un mépris flagrant pour la sécurité des civils qui vivent dans les secteurs de la ville contrôlés par les groupes armés d’opposition, a déclaré Samah Hadid, directrice adjointe des campagnes au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth.

« Étant donné le lourd passif du régime syrien en matière de détentions arbitraires et de disparitions forcées à grande échelle, il est crucial que les civils soient protégés dans les quartiers reconquis de la ville d’Alep. Le gouvernement syrien ne doit pas restreindre arbitrairement la liberté de mouvement des civils et doit permettre à ceux qui souhaitent quitter la zone de le faire librement, sans menace ni entrave. »

Fadi, militant local, a déclaré à Amnesty International que les habitants de Masaken Hanano et Jabal Badro n’ont pas pu fuir face à l’avancée des forces gouvernementales et sont aujourd’hui trop effrayés pour quitter leur domicile.

« Je connais certaines familles et elles m’ont dit qu’elles se trouvent chez elles et ont peur de circuler dans le quartier, parce que les soldats du gouvernement sont partout », a-t-il déclaré.

Un autre militant a déclaré que les forces gouvernementales ont emmené des habitants (des hommes) de Masaken Hanano à l’aéroport d’al Nairab pour les interroger et les filtrer. Amnesty International n’a pas pu vérifier ces informations.

Des habitants de Sheikh Maqsoud – quartier d’Alep sous contrôle des Unités de protection du peuple kurde (YPG) – ont déclaré que près de 8 000 habitants de l’est d’Alep avaient également fui la semaine dernière, alors que les combats et les frappes aériennes s’intensifiaient. Les civils n’ont d’autre issue pour quitter Sheikh Maqsoud que de passer par l’ouest d’Alep, que contrôle le régime syrien. Beaucoup ont trop peur de quitter la zone, craignant les actes de représailles des forces gouvernementales s’ils partent.

Alors que les forces du régime syrien resserrent l’étau autour de l’est d’Alep, le siège dans cette partie de la ville devrait se renforcer, avec son cortège de conséquences désastreuses pour les civils.

Un homme ayant fui avec sa famille vers Sheikh Maqsoud a décrit cette situation désespérée : « Je suis arrivé avec mon frère et nos familles il y a quelques jours. Nous avons pris le risque, sans savoir si les Unités de protection du peuple kurde nous laisseraient passer, mais nous ne supportions plus la faim ni le bruit des avions de guerre toute la journée, alors nous avons décidé de partir... La pénurie des denrées alimentaires est générale, et elles sont donc très chères. Chaque jour qui passait, j’étais reconnaissant d’être encore en vie, face aux frappes aériennes et aux tirs d’obus. Nous ne pouvons plus vivre comme ça.  »

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