Déclaration à l’occasion du sixième anniversaire de l’ouverture du centre de détention de Guantánamo. Guantánamo : six ans plus tard, le scandale des droits humains continue

Communiqué de presse du Bureau européen

Il y a six ans aujourd’hui, les autorités américaines transféraient les premiers détenus de la « guerre contre le terrorisme » vers le centre de détention de Guantánamo Bay. Pour marquer cette date, Amnesty International a remis au gouvernement des États-Unis plus de 1 100 signatures de parlementaires de pays européens et du reste du monde appelant à la fermeture de Guantánamo. La fermeture de ce centre de détention est une étape cruciale pour mettre fin au recours de plus en plus fréquent aux détentions illégales dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme ».

Ce n’est que lors du sommet de 2006 entre l’Union européenne et les États-Unis que l’Union européenne a pour la première fois fait part aux États-Unis de son souhait de voir fermer le centre de détention de Guantánamo au plus vite. Des personnalités importantes du gouvernement américain et le président George W. Bush lui-même ont depuis lors déclaré que cette fermeture était souhaitable. Cependant, en dépit de ces déclarations et d’une condamnation internationale quasi unanime, des centaines de personnes sont toujours enfermées à Guantánamo, sans avoir été inculpées ni jugées, dans une situation de vide juridique total. Cinq nouveaux détenus y ont même été transférés au cours de l’année 2007.

Amnesty International a toujours condamné les actes de terrorisme qui font des milliers de morts et de blessés civils. Cependant, ce n’est qu’en renforçant le système de défense des droits humains que l’on pourra arriver à se prémunir véritablement des attaques terroristes, pas en l’affaiblissant en recourant à des pratiques illégales.

S’il est clairement de la responsabilité du gouvernement américain de trouver une solution pleinement conforme aux normes du droit international relatif aux droits humains pour fermer Guantánamo, de nombreux pays, dont les États membres de l’Union européenne, ont été impliqués dans le transfert de prisonniers vers Guantánamo.

Amnesty International appelle donc l’Union européenne et les États membres à :

 accroître leurs pressions sur les États-Unis pour qu’ils ferment le centre de Guantánamo et mettent fin à la pratique des détentions illégales ;

 apporter le soutien nécessaire en faisant en sorte que les détenus bénéficient de procès équitables ou soient libérés, en envisageant favorablement, par exemple, la réinstallation de détenus qui ne peuvent être renvoyés vers un pays sûr. Les détenus libérés ne doivent pas être renvoyés de force vers un pays où de graves atteintes à leurs droits fondamentaux sont à craindre et où ils courent le risque de subir des actes de torture ou de mauvais traitements ; et

 reconnaître la complicité européenne dans les atteintes aux droits humains commises dans le cadre du programme de « restitutions » mené par les États-Unis et y remédier.

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