Déclaration universelle des droits de l’homme : beaucoup a été fait en 70 ans, mais beaucoup reste à faire

La déclaration suivante a été prononcée au Conseil des droits de l’homme des Nations unies le 28 février 2018, lors de la table ronde de haut niveau sur le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et le 25e anniversaire des Déclaration et Programme d’action de Vienne.

Il est indéniable que d’importantes avancées ont été réalisées en matière de droits humains au cours des 70 dernières années, depuis l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Il existe aujourd’hui un cadre institutionnel et juridique international assez complet en ce qui concerne les droits humains. Nous disposons non seulement d’un vaste ensemble de conventions et de mécanismes importants, notamment [le Conseil des droits de l’homme], mais aussi du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, créé par les Déclaration et Programme d’action de Vienne (DPAV).

Il est cependant tout aussi indéniable que beaucoup reste encore à faire pour que soient véritablement appliqués et respectés la lettre et l’esprit de la DUDH et des DPAV. Malgré les progrès réalisés, les aspirations de la DUDH n’ont pas toutes été pleinement mises en œuvre, et dans certains États les droits qu’elle énonce sont régulièrement violés.

Il est indéniable que beaucoup reste encore à faire pour que soient véritablement appliqués et respectés la lettre et l’esprit de la DUDH et des DPAV.

« [D]es actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité » ont conduit à la rédaction de la DUDH, mais de tels actes continuent sans répit d’être perpétrés à grande échelle, par exemple en Syrie, au Soudan du Sud et au Myanmar, pour ne citer que ces quelques pays. De toute évidence, [le Conseil des droits de l’homme] et plus généralement les Nations unies doivent redoubler d’efforts pour empêcher les graves violations des droits humains et atteintes à ces droits, notamment les atrocités de masse, pour réagir efficacement face à de tels agissements, et pour garantir la reddition de comptes.

[Le Conseil des droits de l’homme] et plus généralement les Nations unies doivent redoubler d’efforts pour empêcher les graves violations des droits humains et atteintes à ces droits, notamment les atrocités de masse, pour réagir efficacement face à de tels agissements, et pour garantir la reddition de comptes.

Les DPAV ont réaffirmé le droit des victimes à un accès en toute sécurité et en temps opportun à l’aide humanitaire, et appelé l’ONU à jouer un rôle plus actif en matière de promotion et de protection des droits humains et à garantir le plein respect du droit international humanitaire dans les situations de conflit armé. Pourtant, certains États représentés [au Conseil des droits de l’homme pour la célébration de cet anniversaire] ont activement fait barrage à ces initiatives, notamment au Conseil de sécurité.

La DUDH et les DPAV mettent en évidence l’indivisibilité et l’interdépendance de tous les droits. Amnesty se félicite des mesures qui ont été prises récemment pour tenter de pallier le défaut de prise en compte des droits économiques, sociaux et culturels. Toutefois, des millions de personnes à travers le monde n’ont toujours pas accès à une nourriture suffisante, à de l’eau potable, à des soins médicaux convenables, à l’éducation et à un abri de base. L’appel, que contiennent les Objectifs de développement durable, à " ne laisser personne sur le bord du chemin " exhorte à veiller à ce que les droits humains jouent un rôle central dans le cadre de la lutte contre les inégalités croissantes observées entre les États et au sein des États.

D’immenses défis restent à relever, mais nous avons pu constater l’an dernier que les gens revendiqueront toujours ces principes fondamentaux qui sous-tendent la DUDH et les DPAV : la liberté, l’égalité, la dignité, la justice... les droits humains. Dans le monde entier, des personnes réclament justice pour une multitude de questions liées aux droits économiques, sociaux et culturels, imprimant un nouvel élan à des combats déjà anciens, et amorçant une nouvelle ère de militantisme pour les droits humains. Les manifestations menées par les femmes ainsi que les mouvements #MeToo et " Ni Una Menos " en sont de parfaits exemples.

L’année 2018 marque également le 20e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme. Il est totalement inacceptable que, parmi les États participant à la célébration [de ces deux importants anniversaires], figurent ceux qui, régulièrement, harcèlent, arrêtent de façon arbitraire, soumettent à une disparition et tuent des défenseurs des droits humains, des journalistes et des militants parce qu’ils ont revendiqué des droits précisément énoncés dans la DUDH et dans les DPAV. Des centaines de militants ont été tués ne serait-ce qu’au cours des 12 derniers mois, les autorités cherchant à réduire au silence ceux qui défendent les droits et à museler les médias. Le personnel d’Amnesty lui-même a récemment subi des attaques sans précédent, notamment avec l’arrestation et l’inculpation de membres du personnel de l’organisation en Turquie. Le président d’Amnesty Turquie est toujours en détention.

Il est totalement inacceptable que, parmi les États participant à la célébration [de ces deux importants anniversaires], figurent ceux qui, régulièrement, harcèlent, arrêtent de façon arbitraire, soumettent à une disparition et tuent des défenseurs des droits humains, des journalistes et des militants parce qu’ils ont revendiqué des droits précisément énoncés dans la DUDH et dans les DPAV.

S’ils veulent être crédibles, les États participant [à ces importantes célébrations] doivent de nouveau s’engager à mettre pleinement en œuvre la DUDH et les DPAV, et créer, à cette fin, un environnement sûr et favorable dans lequel il est possible, au niveau national, de discuter librement et de façon transparente de toutes les questions liées aux droits humains, et de militer pour ces droits, pour permettre réellement la concrétisation des promesses contenues dans ces deux textes historiques.

M. Borsus, dites non aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite

Les armes vendues par la Région wallonne à des pays violant sans le moindre scrupule les droits humains font couler du sang innocent. Cela doit cesser. Signez notre pétition