Des centaines d’opposants arrêtés

Les autorités pakistanaises doivent libérer immédiatement et sans condition les centaines d’opposants arrêtés, lever les restrictions imposées à leur liberté de mouvement et prendre toutes les mesures appropriées pour garantir que les citoyens puissent exercer leur droit de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International le 31 octobre 2016.

Amnesty International formule ces demandes alors que les autorités du Pakistan intensifient leur répression contre les partisans du Mouvement du Pakistan pour la Justice (Tehreek-e-Insaf) d’Imran Khan, notamment en usant d’une force inutile et excessive. La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants et a procédé à des centaines d’arrestations collectives, arbitraires et menées sans discrimination.

Amnesty International a reçu des informations crédibles selon lesquelles des centaines de personnes ont été arrêtées au titre de l’article 144 du Code pénal, disposition draconienne datant de l’ère coloniale qui interdit le rassemblement de plus de quatre personnes et constitue une restriction injustifiée des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

« Rien ne saurait justifier une telle répression. La Constitution du Pakistan garantit les droits à la liberté de réunion, d’expression et de mouvement. Toutes les personnes arrêtées uniquement pour avoir exercé leurs droits doivent être libérées immédiatement et sans condition et doivent pouvoir manifester pacifiquement », a déclaré Champa Patel, directrice pour l’Asie du Sud à Amnesty International.

La semaine dernière, les autorités ont imposé l’article 144 du Code pénal du Pakistan, qui interdit le rassemblement de plus de quatre personnes, dans les villes d’Islamabad et de Rawalpindi.

« L’article 144 est une disposition datant de l’ère coloniale qui n’a clairement pas sa place dans une société respectueuse du droit. Il ne devrait pas être utilisé pour restreindre indûment le droit à la liberté de réunion pacifique et doit être abrogé, a déclaré Champa Patel.

« Si des violences sporadiques se produisent, les autorités doivent identifier les responsables. Utiliser comme prétexte les actes de violence d’une minorité pour restreindre ou entraver les droits de la majorité bafoue clairement les obligations du Pakistan au titre du droit international. »

Des membres du parti d’opposition d’Imran Khan, notamment des parlementaires, ont été arrêtés alors qu’ils se rendaient à Islamabad afin d’organiser une manifestation contre le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif. Les plus grands rassemblements sont prévus pour le 2 novembre.

Par ailleurs, Amnesty International est préoccupée par les informations selon lesquelles des journalistes ont été intimidés et menacés de violences par des manifestants réclamant une couverture favorable des événements.

« Les journalistes et les défenseurs des droits humains jouent un rôle important durant les manifestations. Tous les professionnels des médias couvrant ces événements doivent être autorisés à faire librement leur travail, sans craindre d’être attaqués ni intimidés », a déclaré Champa Patel.

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