Des espoirs au point mort

Des demandeurs d’asile, parmi lesquels des enfants non accompagnés, sont victimes de violences, de renvois forcés illégaux (push-back) et de détentions illégales aux mains de la police et des services de l’immigration hongrois. Ces atteintes sont rendues possibles par un système conçu pour les dissuader d’entrer dans le pays.

Alors que le gouvernement mène une campagne malsaine en vue du référendum contre les quotas de réfugiés imposés par l’Union européenne, des centaines de demandeurs d’asile attendent pendant des mois et des mois dans des conditions dégradantes. Bien souvent, les personnes qui parviennent à entrer en Hongrie sont renvoyées de force illégalement en Serbie, parfois violemment, ou sont placées en détention illégale.

Des demandeurs d’asile, parmi lesquels des enfants non accompagnés, sont victimes de violences, de renvois forcés illégaux (push-back) et de détentions illégales aux mains de la police et des services de l’immigration hongrois. Ces atteintes sont rendues possibles par un système conçu pour les dissuader d’entrer dans le pays.

Alors que le gouvernement mène une campagne malsaine en vue du référendum contre les quotas de réfugiés imposés par l’Union européenne, des centaines de demandeurs d’asile attendent pendant des mois et des mois dans des conditions dégradantes. Bien souvent, les personnes qui parviennent à entrer en Hongrie sont renvoyées de force illégalement en Serbie, parfois violemment, ou sont placées en détention illégale.

Amnesty International s’est entretenue avec 143 personnes lors d’une récente visite aux frontières hongroises. La plupart de ces personnes ont révélé des informations sur les conditions choquantes et les violences auxquelles les personnes qui essaient d’entrer en Hongrie et de traverser le pays doivent faire face.

La procédure d’asile est déjà longue et compliquée, mais avec en plus un manque de traducteurs et de conseillers, il est souvent très difficile pour les réfugiés de faire une demande.

Un accès restreint

En septembre 2015, la Hongrie a terminé la construction d’une grande barrière le long de sa frontière avec la Serbie et a adopté une loi permettant d’accélérer les procédures de demande d’asile.

Des « zones de transit » ont été ouvertes à deux postes frontaliers. Ces zones sont composées de conteneurs en métal utilisés pour traiter les demandes et placer en détention des demandeurs d’asile admis dans la zone de transit.

Au total, seules 30 personnes sont admises chaque jour dans les zones de transit pour demandeurs d’asile, laissant les centaines d’autres dépérir dans des conditions dégradantes à la frontière ou dans des centres surpeuplés en Serbie.

« En fin de compte, personne ne veut de nous. Donc je préférerais ne pas être là. Je préférerais ne pas être quelque part où les gens ne veulent pas de nous.  » – N., une jeune fille de 15 ans de Syrie

Des renvois forcés illégaux violents

L’entrée légale en Hongrie étant si sévèrement limitée, certains demandeurs d’asile essaient de franchir la frontière illégalement.

Une loi adoptée en juin 2016 permet aux autorités hongroises de renvoyer immédiatement les demandeurs d’asile qui se trouvent à moins de huit kilomètres de la barrière à la frontière avec la Serbie. Les personnes arrêtées sont renvoyées de force illégalement sans que leurs besoins de protection ou leurs vulnérabilités ne soient pris en considération.

Certaines des personnes avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré que les autorités avaient recours à une force excessive et que les demandeurs d’asile étaient frappés, recevaient des coups de pieds et étaient poursuivis par des chiens.

Des détentions illégales

Dans les zones de transit, des hommes qui voyagent sans famille sont souvent placés en détention illégalement pendant des périodes allant jusqu’à quatre semaines.

Le plus souvent, les demandes d’asile de ces hommes sont rejetées car ils sont arrivés par la Serbie, pays que la Hongrie considère comme un « pays tiers sûr », ce qui implique qu’ils devraient demander l’asile dans ce pays. Étant donné que la Serbie ne les autorise pas officiellement à retourner dans le pays et ne leur donne pas accès à une procédure d’asile équitable, ils sont coincés, sans accès à l’asile. Les personnes renvoyées de force illégalement des zones de transit n’ont pas d’autre choix qu’essayer de trouver un autre moyen d’accéder à l’Union européenne et prendre plus de risques.

Les demandeurs d’asile qui sont autorisés à passer les « zones de transit » sont conduits à des centres d’accueil, ouverts ou fermés, pour demandeurs d’asile où les conditions sont déplorables. Ces établissements ne sont pas équipés des services de base et n’offrent presque aucun service d’éducation ou activité pour les enfants ni de soins de santé. Certains enfants non accompagnés sont logés avec des hommes adultes.

Là aussi, la détention est fréquente et, au moment des recherches, presque 60 % des 1 200 demandeurs d’asile enregistrés en Hongrie se trouvaient en détention.

« Nous avons échappé à la mort, si vous ne l’avez pas vue de vos propres yeux, vous ne pouvez pas imaginer l’horreur… [Mes enfants] me demandent "pourquoi nous as-tu emmenés ici, où nous emmènes-tu, que se passe-t-il ?" En tant que mère, c’est dur. Nous voulons simplement une vie normale pour nos enfants… » - R, une femme kurde de Syrie

La réponse tardive de l’Europe

Depuis la moitié de l’année dernière, des experts des droits humains ont dénoncé la situation et demandé que la Hongrie soit tenue responsable :

«  Je suis très préoccupé par l’incapacité répétée de l’Union européenne à se mettre d’accord sur une action ferme et fondée sur des principes face à la crise en Hongrie. » - Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Raad Al Hussein, septembre 2015

En décembre 2015, la Commission européenne a ouvert une enquête officielle, nommée une procédure d’infraction, contre la Hongrie en raison de la réforme des lois relatives à l’asile dans le pays. Cependant, après presque un an, la situation des personnes bloquées à la frontière reste la même et cette procédure n’a toujours pas été finalisée.

Il faut agir contre ces violations flagrantes des droits humains et des droits des réfugiés. Demandez au gouvernement de stopper le transfert des demandeurs d’asile vers la Hongrie et de soumettre une proposition raisonnable au Conseil européen concernant l’activation d’un mécanisme de prévention.

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