Des mannequins manifestent devant la Délégation de la Russie auprès de l’UE.

Ce lundi 6 octobre, la section belge francophone d’Amnesty International a organisé devant le bâtiment de la Délégation de la Russie auprès de l’UE une action visant à dénoncer toutes les atteintes que subissent les libertés fondamentales en Russie, et la répression croissante contre ceux qui critiquent le gouvernement.

A 9h30, une cinquantaine silhouettes portant des messages en faveur de la liberté d’expression, d’association et de manifestation ont été posées devant le bâtiment de la Délégation. Tout en respectant cyniquement la législation draconienne appliquée par les autorités russes qui répriment les manifestations de plus d’une personne, Amnesty International entend ainsi contester les différentes lois liberticides promulguées par le gouvernement de Vladimir Poutine. Cette mobilisation est organisée dans le cadre de « Russia Speak Out for Freedom », une Semaine d’action en faveur de la liberté d’expression en Russie lancée mondialement par Amnesty International et qui se déroule du 6 au 12 octobre.

« Le droit de protester pacifiquement, le droit de s’exprimer librement sur Internet ou en place publique, le droit de ne pas être d’accord, le droit d’exprimer son identité, toutes ces libertés sont étouffées par les autorités russes qui adoptent des lois répressives et mènent des campagnes de diffamation et de harcèlement », a expliqué John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale.

Pour marquer le début de cette Semaine d’action, Amnesty International publie une nouvelle synthèse intitulée Violation of the right to freedom of expression, association and assembly in Russia , axée sur quatre thèmes principaux :
 les medias indépendants en Russie – journalistes menacés, harcelés, agressés physiquement et même assassinés en toute impunité ;
 les organisations non gouvernementales (ONG) – calomniées, condamnées à des amendes et contraintes de fermer en raison de leur travail indépendant et critique, présenté à tort comme des « activités politiques » répondant aux intérêts des donateurs étrangers ;
 les manifestants – privés du droit d’exprimer leurs opinions dans les espaces publics, arrêtés et jugés dans le cadre de procès iniques ;
 la communauté des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI) – harcelés au titre d’une loi homophobe et privés de liberté d’expression.

La Semaine d’action coïncide avec le 8e anniversaire de l’assassinat de la journaliste russe d’investigation Anna Politkovskaïa, l’une des plus ferventes critiques du Kremlin, une voix forte et libre des médias russes. L’enquête de police menée sur son homicide a été entachée de nombreuses défaillances et, huit ans plus tard, n’a toujours pas permis d’identifier ceux qui ont donné l’ordre de la tuer.

« Le fait que les commanditaires du meurtre d’Anna n’aient pas été identifiés en dit long sur le climat d’impunité qui règne en Russie. Anna est devenue le symbole de la répression infligée à la société civile dans le pays, a déclaré John Dalhuisen.

« Pourtant, malgré les dangers, nombreux sont ceux qui, en Russie, disent ce qu’ils pensent, mettant parfois en péril leurs moyens de subsistance et leurs vies. Avec cette action, nous rendrons hommage au courage d’Anna et de tous ceux qui continuent de lutter contre l’oppression et de dénoncer l’injustice.  »

« Les attaques contre les droits des homosexuels, des ONG indépendantes, des médias critiques et des manifestants sont alimentées et justifiées par une propagande de plus en plus agressive qui vise à les présenter comme une menace pour les "valeurs traditionnelles "ou une cinquième colonne vouée à saper la stabilité et la prospérité de la Russie. Si ce déclin rapide n’est pas enrayé, la société russe dans son ensemble sera, sur le long terme, perdante  », a déclaré John Dalhuisen.

« La chute du Mur de Berlin il y a 25 ans a marqué l’entrée des populations d’Europe de l’Est dans une nouvelle ère, une ère caractérisée par la liberté d’expression, d’association et de réunion. En Russie, ces libertés sont une nouvelle fois compromises. Cependant, des voix libres refusent d’être muselées, et notre action de solidarité est un message de soutien qui leur est destiné », a déclaré Salil Shetty.

Complément d’informations :

Afin de mobiliser la solidarité internationale aux côtés des militants de Russie, Amnesty International a engagé les médias du monde entier à publier des articles sur la répression imposée aux médias dans ce pays. Ces pages de journaux et de magazines serviront à fabriquer des fleurs en origami, qui seront déposées le 7 octobre, date de la mort d’Anna Politkovskaïa, devant les bureaux de Novaya Gazeta, le journal pour lequel elle travaillait.

Réunis derrière des slogans qui défendent la liberté en Russie, les militants passeront à l’action en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en France, en Finlande, en Norvège, aux Pays-Bas, en Pologne, en République tchèque, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Russie elle-même. À travers des mobilisations, des flash mobs, des lettres et des pétitions, ils dénonceront la répression imposée aux libertés fondamentales de la population russe.

Tout au long de la semaine dans ces différents pays d’Europe, des actions de campagne seront menées, notamment :

 la création d’une mosaïque de photos de citoyens qui expriment leur solidarité avec la société civile russe ;
 une manifestation avec des mannequins brandissant des pancartes qui dénoncent l’interdiction de manifester pacifiquement dans les rues en Russie sans avoir obtenu l’autorisation préalable du gouvernement ;
 des actions sur les réseaux sociaux, notamment #freedompostcard sur Facebook en faveur de la libération d’un défenseur de l’environnement.

Cette Semaine d’action fait suite à la visite à Moscou, début septembre, du secrétaire général d’Amnesty International Salil Shetty. Il a rencontré des représentants d’ONG indépendantes et de médias indépendants, et des militants de la société civile, et leur a témoigné sa solidarité.

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