Deux membres de la société civile arrêtés

Les autorités camerounaises doivent libérer immédiatement et sans condition deux dirigeants de la société civile arrêtés dans la partie anglophone du pays, et lever l’interdiction imposée à leurs organisations, a déclaré Amnesty International vendredi 20 janvier 2017.

Le 17 janvier, le ministre de l’Administration territoriale a interdit les activités du Conseil national du Cameroun méridional (SCNC) et du Consortium de la société civile anglophone du Cameroun (CACSC). Le président du CACSC, l’avocat Nkongho Felix Agbor-Balla, et son secrétaire général, Fontem Afortekaa Neba, ont été arrêtés, suscitant des protestations dans la ville de Buéa, dans le sud-ouest du pays.

Le même jour, Agbor-Balla et Fontem Neba avaient signé une déclaration réclamant que les actions de contestation soient menées sans violence.

« Ces deux hommes ont été arrêtés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression. Ce mépris flagrant pour les droits élémentaires risque d’enflammer une situation déjà tendue dans la région anglophone du pays et illustre clairement la volonté de museler la dissidence », a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheuse auprès d’Amnesty International pour l’Afrique centrale.

Selon le ministre de l’Administration territoriale, « toutes les activités, réunions et manifestations initiées ou soutenues par le Conseil national du Cameroun méridional (SCNC), le Consortium de la société civile anglophone du Cameroun (CACSC), tout groupement apparenté ou poursuivant un but similaire ou par toute autre personne s’en réclamant, sont par la présente interdites sur l’ensemble du territoire national ».

Le gouvernement accuse les deux organisations de soutenir une série de manifestations qui ont démarré fin octobre 2016 dans plusieurs villes de la région anglophone du Cameroun. Les manifestants demandent, entre autres, la fin de l’utilisation du français dans les tribunaux et les écoles. Cette semaine, les principales villes de la région ont organisé une journée « ville morte » - pendant cette journée, les citoyens sont priés de rester chez eux.

« Ces pratiques inquiétantes qui consistent à procéder à l’arrestation arbitraire, à placer en détention et à harceler des membres de la société civile sont totalement contraires au droit international relatif aux droits humains et aux normes connexes que le Cameroun s’est engagé à respecter », a déclaré Ilaria Allegrozzi.

En décembre, au moins deux manifestants non armés ont été tués à Bamenda, la plus grande ville de la région anglophone, les forces de sécurité ayant utilisé des balles réelles pour disperser une manifestation.

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