Deux ans que justice se fait attendre

Deux ans après les manifestations massives anti- et pro-gouvernementales dans le pays, il est inacceptable que les proches des 43 personnes ayant perdu la vie (parmi lesquelles des membres des forces de sécurité) et les centaines de personnes blessées ou victimes de mauvais traitements ou de détention arbitraire n’aient toujours pas obtenu justice, vérité et réparation.

Le fait que l’enquête et les poursuites concernant les responsables de ces atteintes aux droits humains n’aient pas vraiment progressé depuis lors montre clairement un manque de volonté politique de protéger et promouvoir les droits humains de tous, sans discrimination.

Il est regrettable que, deux ans après les meurtres de Bassil Alejandro Da Costa, de Juan Montoya et de Roberto Redman, les auteurs présumés n’aient pas été condamnés.

Alors que la grande majorité des personnes ayant commis des violations des droits humains n’ont toujours pas été amenées à rendre des comptes ni traduites en justice, plusieurs dizaines de personnes continuent d’être accusées d’infractions liées aux manifestations, dont certaines sont détenues depuis presque deux ans sans aucune preuve de leur implication dans de tels faits.

C’est notamment le cas de Leopoldo López, dirigeant du parti d’opposition Voluntad Popular (Volonté populaire), et de Rosmit Mantilla, membre de ce parti et défenseur des droits de la communauté gay, lesbienne, bisexuelle, transgenre et intersexuée (LGBTI). La détention de ces deux hommes est motivée par des considérations politiques, sans éléments crédibles venant à l’appui des accusations portées contre eux, et comporte des violations flagrantes des procédures légales et des normes d’équité des procès. Il s’agit de prisonniers d’opinion, qui doivent être libérés immédiatement et sans condition.

Il faut absolument que les autorités agissent sans délai pour s’assurer que personne ne fasse l’objet de poursuites sur la base d’accusations motivées par des considérations politiques et qui ne sont pas corroborées par des éléments solides et crédibles.

Le pouvoir exécutif et l’Assemblée nationale récemment élue doivent en outre adopter de toute urgence des mesures décisives pour mettre fin à l’impunité persistante et faire en sorte que les événements déplorables survenus il y a deux ans ne se reproduisent pas.

Tant que les autorités n’auront pas envoyé un signal clair et sans équivoque aux forces de sécurité, en leur demandant de respecter le droit international et les normes internationales en matière d’usage de la force, il continuera d’y avoir des plaintes de recours excessif à la force.

Il est également essentiel de donner un degré de priorité élevé au renforcement de la justice, pierre angulaire de l’état de droit, en garantissant son indépendance et son impartialité afin que cesse l’impunité endémique qui existe au Venezuela.

Les autorités ne peuvent pas continuer de priver de vérité, de justice et de réparation les personnes qui ont perdu un être cher, celles qui sont encore détenues injustement et celles qui ont été victimes de recours excessif à la force ou soumises à des actes de torture et d’autres mauvais traitements aux mains des forces de sécurité pendant les six mois de manifestations massives qui ont secoué le Venezuela.

Il est maintenant temps que les différentes forces politiques cherchent des solutions fondées sur la coopération et le dialogue pour apporter des réponses concrètes à la difficile situation du pays, en protégeant et en facilitant le travail des défenseurs des droits humains et en plaçant la protection des droits de tous, sans aucune forme de discrimination, en tête de leurs priorités.

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