Deux mineurs menacés d’exécution

Les autorités de la région semi-autonome du Puntland, en Somalie, doivent immédiatement empêcher l’exécution programmée de deux garçons, condamnés à mort par un tribunal militaire en février pour leur rôle présumé dans l’assassinat par le groupe armé Al Shabab de trois hauts responsables de l’administration, a déclaré Amnesty International.

L’organisation a appris que Muhamed Yasin Abdi, 17 ans, et Daud Saied Sahal, 15 ans, risquaient de se voir ôter la vie à tout moment après que cinq autres adolescents – tous âgés de 14 à 17 ans – eurent été exécutés le 8 avril pour ces homicides.

« Ces cinq garçons ont été exécutés à la suite d’une procédure fondamentalement entachée d’irrégularités, au cours de laquelle on les a torturés pour les contraindre à « avouer », privés de la possibilité de bénéficier des services d’un avocat et d’autres protections prévues pour les mineurs, et jugés devant un tribunal militaire. Il faut sauver la vie des deux autres garçons », a déclaré Michelle Kagari, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands Lacs.

« Les autorités du Puntland ne doivent pas accepter d’avoir davantage de sang sur les mains. Elles doivent empêcher les exécutions et faire rejuger les garçons dans le cadre de procédures équitables devant un tribunal civil pour mineurs, sans recours possible à la peine capitale. Les responsables présumés de l’assassinat des trois responsables de l’administration doivent être identifiés et traduits en justice – ce n’est pas en torturant des mineurs pour les forcer à faire des « aveux », en les soumettant à un procès inique puis en les exécutant que l’on y parviendra. »

Des proches des adolescents ont dit à Amnesty International que les garçons, qui, selon eux, n’étaient pas des membres d’Al Shabab, avaient été soumis à des décharges électriques, des brûlures de cigarette sur les parties génitales, des passages à tabac et des viols dans le but de leur faire « avouer » les homicides.

« Ces terribles allégations de torture doivent donner lieu à une enquête exhaustive et indépendante et les responsables présumés doivent s’expliquer devant la justice. Le Puntland doit également mettre fin à la pratique consistant à faire juger des civils par des tribunaux militaires », a déclaré Michelle Kagari.

Amnesty International considère la peine capitale comme un traitement cruel, inhumain et dégradant. Elle est opposée à ce châtiment en toutes circonstances, indépendamment des questions relatives à la culpabilité ou à l’innocence, et quels que soient l’accusé, le crime commis et la méthode d’exécution.

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