Dirigeants politiques et chefs d’entreprise doivent parler de la situation des droits humains au Pakistan avec Pervez Musharraf

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International exhorte les responsables gouvernementaux et dirigeants d’entreprise qui vont rencontrer le président du Pakistan Pervez Musharraf cette semaine en Europe à demander la fin des violations des droits humains qui se poursuivent au Pakistan en dépit de la levée de l’état d’urgence.

« Les arrestations et détentions arbitraires, les disparitions forcées ainsi que la torture et les mauvais traitements, qui s’accompagnent d’une violence politique généralisée, sapent l’espoir d’élections libres et justes en février », a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International.

Les informations collectées par la délégation d’Amnesty International qui vient de passer un mois au Pakistan font apparaître une détérioration croissante de la situation des droits humains dans le pays.

« Les très nombreux éléments qu’a rassemblés Amnesty International sur le non respect des droits humains et l’effondrement de l’état de droit contiennent en germe une catastrophe politique aux conséquences désastreuses pour les simples citoyens »
, a poursuivi Irene Khan.

Le président pakistanais Pervez Musharraf entame une visite d’une semaine en Europe ce lundi 21 janvier. Il va rencontrer notamment le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et la sécurité commune, Javier Solana ; le Premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. Il doit également assister à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

« La tournée du président Musharraf, à la recherche de soutiens politiques et économiques en Europe, doit être l’occasion pour ceux qui vont le rencontrer de lui demander que son gouvernement mette fin aux violations des droits humains qui ont caractérisé l’histoire récente du Pakistan, en rétablissant notamment l’indépendance de la justice », a préconisé Irene Khan.

Amnesty International exhorte le gouvernement du Pakistan à :

 mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires ; aux disparitions forcées ; aux actes de torture et mauvais traitements ; aux poursuites pénales à caractère politique ; aux poursuites civiles et au harcèlement dont sont victimes la classe politique, les défenseurs des droits humains, les journalistes et attachés de presse, ainsi que les autres membres de la société civile ;

 mettre fin à l’utilisation du procès-verbal introductif « aveugle », c’est à dire dans lequel la police ne nomme pas le suspect, une pratique qui permet au gouvernement de harceler et arrêter les opposants politiques ;

 rétablir l’indépendance de la justice en permettant à tous les juges démis de leurs fonctions sous l’état d’urgence de reprendre leur poste ;

 respecter le droit à la liberté d’expression et d’information, ainsi que le droit de se réunir pacifiquement. Lors des manifestations ou d’autres rassemblements, les responsables des forces de l’ordre doivent respecter les normes internationales en ayant recours à la force uniquement lorsque cela est strictement nécessaire, et seulement dans la mesure exigée par l’accomplissement de leurs fonctions ;

 mener des enquêtes exhaustives et indépendantes sur les assassinats politiques, y compris celui de Benazir Bhutto, et sur les autres homicides illégaux et attentats-suicides, en rendant publics les résultats de ces investigations.


« La communauté internationale doit faire savoir sans équivoque au président Musharraf que le rétablissement du respect des droits humains et de la primauté de la loi est essentiel pour rétablir un climat de confiance pour les élections à venir et mettre fin à la vague de violence politique au Pakistan »,
a conclu Irene Khan.

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