DJIBOUTI : Dirigeant de l’opposition au franc parler, Daher Ahmed Farah, emprisonné,doit être remis en liberté

Index AI : AFR 23/001/2003
ÉFAI

Lundi 14 juillet 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International appelle à la libération immédiate et sans condition de
Daher Ahmed Farah, dirigeant d’un parti d’opposition et directeur du journal
de ce parti.

Daher Ahmed Farah, prisonnier d’opinion, a été arrêté à de nombreuses
reprises du fait de ses opinions politiques qu’il a toujours défendues
pacifiquement. Il a été emprisonné le 9 juillet 2003 pour trois mois à la
prison de Gabode à Djibouti-ville ; le procureur avait fait appel de la
sentence d’acquittement prononcée à l’issue d’un procès en diffamation
intenté par le chef d’état-major de l’armée et un groupe folklorique
militaire féminin. La cour d’appel l’a condamné à six mois d’emprisonnement
(dont trois avec sursis), des dommages et intérêts conséquents et une amende
 ; elle a également interdit de publication son journal pour une durée de six
mois.

« Les fonctionnaires qui se considèrent comme diffamés ont un droit de
réponse et si cela ne suffit pas, ils peuvent en toute légitimité intenter
une action en justice pour défendre leur réputation, a déclaré Amnesty
International. Mais cela ne devrait pas, comme ça a été le cas pour Daher
Ahmed Farah, conduire à la détention par la police, au refus arbitraire
d’une remise en liberté provisoire, à des poursuites du ministère public et
à des peines de prison. »

La constitution de Djibouti garantit la liberté de la presse. Djibouti a par
ailleurs ratifié l’année dernière le Pacte international relatif aux droits
civils et politiques qui protège le droit à la liberté d’expression.

« Des textes législatifs de droit pénal allant à l’encontre du droit à la
liberté d’expression, que la Commission africaine des droits de l’homme et
des peuples a désigné comme « pierre angulaire de la démocratie », ont été
utilisés pour étouffer toute critique des autorités par les médias et pour
faire taire un opposant pacifique connu », a déclaré Amnesty International.

Complément d’information

Daher Ahmed Farah est président du Mouvement pour le renouveau démocratique
et le développement (MRD), un parti d’opposition ; il est aussi directeur du
Renouveau djiboutien, le journal de ce parti.

Il avait été incarcéré en mars 2003, au lendemain de la parution d’un
article pour lequel il avait été déclaré coupable, après une procédure
simplifiée, « d’atteinte au moral de l’armée » et de « publication de
fausses informations ». Il avait été condamné à six mois d’emprisonnement et
à une amende. Le mois suivant, il était condamné à une deuxième peine de six
mois d’emprisonnement avec sursis, peine réduite en appel.

Quelques jours plus tard, il était de nouveau arrêté, plainte ayant été
déposée contre lui par le chef d’état-major de l’armée. Incarcéré pendant
plus d’un mois avant d’être remis en liberté provisoire, il avait été de
nouveau arrêté deux jours plus tard. Le 23 juin, il était jugé et acquitté.
Son acquittement a été annulé le 9 juillet, date à laquelle Daher Ahmed
Farah est retourné en prison.

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