Communiqué de presse

Douze points sur l’interdiction de l’avortement au Salvador

La loi sur l’avortement au Salvador est l’une des plus restrictives au monde. L’avortement est totalement interdit, dans toutes les circonstances, et de lourdes peines de prison sont prononcées à l’encontre des femmes accusées d’avoir mis fin à leur grossesse.

Le récent rapport d’Amnesty International, À deux doigts de la mort : la violence contre les femmes et l’interdiction de l’avortement au Salvador, démontre que cette législation restrictive détruit la vie de nombreuses femmes et jeunes filles. Ainsi :

1. Les femmes et les jeunes filles déclarées coupables d’avoir avorté risquent des peines d’emprisonnement allant de deux à huit ans. Les membres du personnel de santé qui les assistent risquent jusqu’à 12 ans de prison.

2. Des femmes ayant subi une fausse couche ont été inculpées d’homicide avec circonstances aggravantes, une infraction passible d’une peine de 50 ans d’emprisonnement. Amnesty International a récolté des informations sur de nombreuses femmes qui ont été condamnées à des dizaines d’années d’emprisonnement à la suite d’une fausse couche.

3. Au Salvador, l’avortement est interdit quelles que soient les circonstances depuis 1998.

4. La police civile nationale a enregistré un total de 16 femmes ou jeunes filles poursuivies en justice pour avortement en 2013, dont six avaient moins de 17 ans au moment de l’infraction présumée.

5. À cause de l’interdiction, les avortements clandestins sont fréquents. Selon le ministère de la Santé, 19 290 avortements ont été pratiqués au Salvador entre 2005 et 2008, dont plus du quart concernaient des jeunes filles de moins de 18 ans. Il est probable que le chiffre réel soit beaucoup plus élevé.

6. Pour mettre fin à leur grossesse, les femmes et les jeunes filles utilisent surtout des méthodes telles que l’ingestion de mort-aux-rats ou d’autres pesticides, l’introduction d’aiguilles à tricoter, de bouts de bois ou d’autres objets pointus dans le col de l’utérus, ou l’ingestion de misoprostol, un médicament pour le traitement des ulcères désormais souvent utilisé pour avorter.

7. Selon les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé, 11 % des femmes et des jeunes filles qui ont subi un avortement clandestin au Salvador sont mortes des suites de cette intervention. Cependant, les avortements étant pratiqués dans le plus grand secret, le chiffre réel est probablement bien plus élevé.

8. Au Salvador, 57 % des décès de filles enceintes âgées de 10 à 19 ans sont des suicides. Il est néanmoins probable que de nombreux cas n’aient pas été signalés.

9. Selon le sondage réalisé en 2013 par un journal, 74 % des personnes interrogées au Salvador étaient en faveur de l’avortement lorsque la vie de la femme est menacée.

10. Le Salvador affiche le plus fort taux de grossesse chez les adolescentes pour l’Amérique latine. Selon une enquête nationale sur la santé familiale, plus d’un cinquième (23 %) des adolescentes salvadoriennes âgées de 15 à 19 ans ont été enceintes au moins une fois. Dans près de la moitié des cas elles avaient moins de 18 ans et n’avaient pas prévu la grossesse.

11. Selon les chiffres de la police civile nationale, 1 346 femmes et jeunes filles ont été violées l’année dernière. Près des deux tiers avaient moins de 15 ans ou étaient considérées comme « mentalement handicapées », et n’étaient donc pas en mesure de donner leur consentement en connaissance de cause, soit parce qu’elles avaient été rendues inconscientes, soit en raison de leur état de santé mentale.

12. Il n’existe qu’un seul centre d’accueil pour femmes au Salvador, qui ne peut accueillir que 35 femmes et enfants.

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