ÉGYPTE - Amnesty International préoccupée par une vague d’arrestations et de violentes attaques

Index AI : MDE 12/037/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Alors que les Égyptiens s’apprêtent à voter le 1er décembre pour la phase finale des élections parlementaires, Amnesty International s’est déclarée préoccupée par une vague d’arrestations de partisans et militants de l’opposition et a critiqué le gouvernement pour avoir échoué à protéger les électeurs contre la violence, les arrestations arbitraires et les actes d’intimidation.

Des centaines de personnes soupçonnées de soutenir les Frères musulmans, l’organisation de fait la plus importante de l’opposition, ont été arrêtées depuis le début du processus électoral en novembre. Bien qu’officiellement interdits, les Frères musulmans bénéficient du soutien de nombreux candidats se présentant comme indépendants ; les régions dans lesquelles il est de notoriété publique que les Frères musulmans bénéficient d’un fort soutien populaire ont été le théâtre d’arrestations de masse ; plusieurs candidats des Frères musulmans ont été arrêtés. Jusqu’à 1 500 militants et délégués de candidats ont été arrêtés au cours des deux semaines passées dans différents gouvernorats, dont ceux de Sharqiya, Duqahliya, Kafr Sheik et Sohâg, où les Frères musulmans présentent des candidats pour la phase finale des élections ; des centaines d’autres, arrêtés début novembre, sont toujours détenus. La vague d’arrestations en cours rappelle un schéma établi lors d’élections présidentielle et parlementaires précédentes avec l’arrestation de nombreux Frères musulmans, tentative manifeste des autorités de perturber leur campagne électorale.

Amnesty International est également préoccupée par la réaction des autorités aux violences qui ont éclaté la semaine dernière après des affrontements entre partisans des différents candidats. De nombreux partisans de l’opposition ont été blessés lors d’attaques perpétrées par des partisans déchaînés du parti du gouvernement, souvent sous les yeux de policiers qui ne sont intervenus ni pour calmer les violences ni pour interpeller les auteurs de ces actes. Des responsables de la sécurité auraient également empêché des électeurs de voter en certains endroits et auraient arrêté des observateurs non gouvernementaux locaux chargés de superviser les élections, ou les auraient empêché d’accéder aux bureaux de vote bien qu’ils aient été en possession de documents officiels d’accréditation délivrés par le ministère de la Justice.

Amnesty International demande instamment au gouvernement de prendre des mesures urgentes et effectives visant à prévenir de nouvelles atteintes aux droits humains et de faire en sorte que les responsables de la sécurité et des lois en Égypte fassent respecter la loi de façon impartiale.

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