Égypte. L’annulation des peines de prison contre les rédacteurs en chef est une bonne nouvelle, mais des préoccupations demeurent

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les autorités égyptiennes doivent cesser de poursuivre les journalistes indépendants pour leurs écrits, a déclaré Amnesty International tout en saluant la décision d’une cour d’appel du Caire, ce samedi 31 janvier 2009, d’annuler les condamnations à un an de prison de quatre rédacteurs en chef de journaux pour des délits de presse. L’organisation est convaincue que cette affaire s’inscrit dans le cadre d’une campagne concertée des autorités destinée à museler l’opposition.

« Nous sommes soulagés d’apprendre l’annulation des peines d’emprisonnement prononcées contre les quatre rédacteurs en chef, mais leur condamnation à de lourdes amendes et le fait que les procès soient menés sur des chefs d’accusation très vagues constituent des obstacles inacceptables à la liberté de la presse en Égypte », a déclaré Amnesty International.

La cour d’appel d’Agouza a annulé les condamnations à un an de prison des rédacteurs en chef Ibrahim Eissa, du quotidien Al Dustour, Wael al Abrashy, de l’hebdomadaire Sawt al Umma, Adel Hammouda, de l’hebdomadaire Al Fajr, et Abdel Halim Qandil, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire Al Karama, mais a maintenu les peines d’amende auxquelles ils avaient aussi été condamnés, c’est-à-dire 20 000 livres égyptiennes chacun (environ 2 850 euros). Leurs avocats ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation.

En juillet 2006, une loi très controversée sur la presse, réduisant encore la liberté d’expression, a été adoptée par le Parlement. En vertu de cette loi, certains délits de presse, comme l’insulte envers des agents de l’État, demeurent punis d’une peine d’emprisonnement. Des journaux indépendants et des journaux de l’opposition ont interrompu leur publication pendant une journée en signe de protestation contre cette nouvelle loi, et des centaines de professionnels des médias ont manifesté devant le Parlement.

Les quatre rédacteurs en chef ont été jugés par le tribunal de première instance d’Agouza le 13 septembre 2007 et ont reçu la peine maximale – un an de prison et 20 000 livres d’amende – prévue par l’article 188 du Code pénal égyptien pour toute personne ayant « publié avec malveillance de fausses nouvelles, déclarations ou rumeurs susceptibles de troubler l’ordre public ».

Dans une autre affaire, l’un des quatre rédacteurs en chef, Ibrahim Eissa, a vu sa condamnation à six mois de prison pour diffusion de fausses rumeurs sur la santé du président Moubarak réduite à deux mois par une cour d’appel en septembre 2008, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle en octobre 2008.

Magdy al Gallad, rédacteur en chef du quotidien indépendant Al Masry al Youm, et Abbas Al Tarabily, rédacteur en chef du journal d’opposition Al Wafd, ainsi que trois journalistes travaillant pour eux, ont été jugés pour avoir soi-disant violé l’interdiction imposée par le tribunal de publier des informations sur les audiences du procès d’un homme d’affaire égyptien de premier plan et d’un ancien membre du Service de renseignement de la sûreté de l’État accusés du meurtre de la chanteuse libanaise Suzanne Tamim. Ce procès doit reprendre le 12 février 2009.

« Nous appelons les autorités égyptiennes à cesser d’utiliser la loi sur la presse pour museler la liberté d’expression, et à reconnaître l’importance d’une presse libre et indépendante dans toute société », a déclaré Amnesty International.

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