Égypte : L’isolement et la privation de soins médicaux infligés à Gehad el Haddad doivent cesser

Le traitement révoltant qui continue à être infligé à Gehad el Haddad dans la tristement célèbre prison d’Al Aqrab est cruel, inhumain et inacceptable, a déclaré Amnesty International ce lundi 28 mai, ayant appris récemment que les autorités pénitentiaires lui avaient confisqué son fauteuil roulant et d’autres effets personnels et l’avaient de nouveau placé à l’isolement, après un mois passé dans la prison de Liman Tora à attendre une prise en charge médicale dont il n’a finalement pas bénéficié.

« Amnesty International est profondément préoccupée par la détérioration de la santé de Gehad el Haddad et par les conditions déplorables dans lesquelles il est détenu. Les conditions inhumaines auxquelles Gehad el Haddad est soumis depuis son placement en détention en 2013, notamment son isolement cellulaire prolongé, sont à l’origine de nombre des maux et des douleurs dont il souffre actuellement, et du fait qu’il doit utiliser un fauteuil roulant. Quand il est arrivé en prison, c’était un homme en bonne santé, au début de la trentaine. Aujourd’hui, il ne peut se déplacer sans aide pour faire ses ablutions ou utiliser les toilettes  », a déclaré Najia Bounaim, directrice des campagnes sur l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Gehad est à l’isolement depuis septembre 2013. Ses avocats et des membres de sa famille ont déposé des dizaines de réclamations auprès du parquet, du ministère de l’Intérieur et du tribunal chargé de juger Gehad pour demander une amélioration de ses conditions de détention, notamment la mise à disposition d’un lit, l’autorisation de recevoir des visites et de la nourriture de sa famille, ainsi que la mise en place de soins médicaux et d’une assistance indispensables. Toutes ces réclamations sont restées sans effet.  »

Les conditions inhumaines auxquelles Gehad el Haddad est soumis depuis son placement en détention en 2013, notamment son isolement cellulaire prolongé, sont à l’origine de nombre des maux et des douleurs dont il souffre actuellement, et du fait qu’il doit utiliser un fauteuil roulant.

Le 8 avril, les autorités pénitentiaires ont transféré Gehad el Haddad dans la prison de Liman Tora parce qu’il n’était pas en mesure de se déplacer sans assistance. Le seul jour où sa femme a pu lui rendre visite, il lui a dit qu’il avait été transféré à Liman Tora parce que le médecin de la prison lui avait conseillé de passer un scanner. Cependant, les autorités pénitentiaires ne l’ont pas autorisé à faire cet examen.

Le 10 mai, Gehad el Haddad a été extrait de sa cellule pour assister à une audience devant le tribunal. Sa famille a été informée par des proches d’autres détenus qu’après l’audience, le directeur de la prison de Liman Tora avait refusé de le laisser revenir dans l’établissement et avait ordonné à des gardiens de l’emmener dans la prison d’Al Aqrab. Le directeur a affirmé agir sur l’ordre de l’Agence de sécurité nationale. Le frère de Gehad el Haddad, Abdullah, a dit à Amnesty International que le directeur de la prison avait refusé de le laisser entrer dans la prison pour y retirer l’argent déposé sur son compte de cantine.

Le 7 mai, Amnesty International a publié un rapport (en anglais) intitulé Crushing Humanity : The Abuse of Solitary Confinement in Egypt’s Prisons, qui évoquait le cas de Gehad el Haddad et son isolement cellulaire prolongé d’une durée indéfinie. Amnesty International y concluait que le traitement réservé à Gehad el Haddad en prison s’apparentait à une forme de torture, compte tenu du temps qu’il a passé à l’isolement et des autres mauvais traitements auxquels il a été soumis.

Le 10 mai, les autorités pénitentiaires ont confisqué à Gehad el Haddad son fauteuil roulant et d’autres effets personnels pendant qu’il assistait à une audience, et l’ont ramené à l’isolement dans la prison d’Al Aqrab.
Son père, Essam el Haddad, ancien conseiller du président égyptien Mohamed Morsi, fait l’objet d’une détention prolongée à l’isolement d’une durée indéfinie, 23 heures par jour, depuis septembre 2013 ; il est privé de visites familiales depuis octobre 2016.

« Amnesty International appelle les autorités égyptiennesà prendre immédiatement des mesures efficaces pour mettre fin à ces violations, et à respecter le droit de Gehad el Haddad à la dignité et à la protection contre la torture et les autres mauvais traitements  », a déclaré Najia Bounaim.

Complément d’information

Gehad el Haddad est un ancien porte-parole des Frères musulmans. Il est détenu à l’isolement pour une durée indéfinie depuis qu’il a été arrêté, le 17 septembre 2013. Les 18 premiers jours de sa détention dans la prison de Liman Tora, il a été maintenu à l’isolement 24 heures sur 24. Finalement, les autorités pénitentiaires lui ont accordé une heure d’exercice quotidien en dehors de sa cellule, puis l’ont transféré, en janvier 2014, dans la prison d’Al Aqrab, où il est détenu à l’isolement pour une durée indéfinie. Gehad el Haddad a été privé des visites de sa famille pendant près d’un an, de septembre 2016 à août 2017. Les visites familiales ont ensuite repris, mais leur durée était limitée à 10 minutes par visite. Les autorités pénitentiaires ne lui ont pas permis de voir ses proches depuis mars 2018.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Pour une Belgique plus humaine envers les demandeurs d’asile

La Belgique doit se montrer plus humaine : demandez des voies sûres et légales pour les personnes contraintes de fuir de chez elles. Signez notre pétition !