ÉGYPTE : La répression des activités politiques non violentes se poursuit

Index AI : MDE 12/027/02

" L’emprisonnement de 16 membres présumés d’Al Ikhwan al Muslimin (Les Frères musulmans), condamnés au terme d’un procès inique devant la Haute Cour militaire, montre une fois de plus que l’exercice des libertés d’expression et d’association demeure considérablement limité en Égypte ", a déclaré ce jour (mardi 30 juillet 2002) Amnesty International.

Ces hommes, qui étaient détenus depuis novembre 2001, ont été condamnés à des peines allant de trois à cinq ans d’emprisonnement pour leurs activités politique non violentes, le 30 juillet 2002. Parmi eux figurent des médecins, des professeurs d’université et des ingénieurs. Les charges retenues contre eux étaient liées à leur appartenance présumée à l’organisation interdite des Frères musulmans, mais il n’étaient aucunement accusés d’avoir eu recours à la violence ou prôné son usage.

Au nombre des personnes condamnées à trois ans d’emprisonnement figure Hussein al Darrag, qui s’était porté candidat aux élections législatives d’octobre et novembre 2000 dans la circonscription de Shubra al Khaima, au Caire.

" Chacun a le droit d’exprimer pacifiquement ses opinions et doit pouvoir l’exercer sans être menacé d’arrestation et d’emprisonnement ", a déclaré Amnesty International, ajoutant qu’elle considérait ces 16 hommes comme des prisonniers d’opinion devant être libérés immédiatement et sans condition.

Leur procès est loin d’avoir été conforme aux normes internationales d’équité. Amnesty International n’a cessé d’exhorter les autorités égyptiennes à cesser de déférer des civils devant les juridictions militaires, dont les procédures sont incompatibles avec certains principes fondamentaux du droit international, tels que le droit d’être jugé par un tribunal indépendant et impartial, et le droit d’interjeter appel de sa déclaration de culpabilité et de sa peine devant une instance supérieure.

Ces hommes sont les derniers de la longue série de Frères musulmans présumés traduits devant des tribunaux militaires pour leurs activités politiques non violentes depuis 1995. De nombreuse personnes supposées appartenir à cette organisation ont été appréhendées et placées en détention ces dernières années, en particulier à l’approche des élections des deux chambres du Parlement et de scrutins organisés dans le cadre d’associations professionnelles.

Complément d’information
Les militants politiques de l’opposition et les autres personnes critiques à l’égard du gouvernement égyptien risquent d’être soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements, notamment lorsqu’ils sont détenus par le Service de renseignements de la sûreté de l’État. Ahmad Ali Gomaa, qui a été acquitté au terme de ce dernier procès de Frères musulmans présumés, a déclaré à Amnesty International qu’il avait été torturé en mai 2001 au siège du Service de renseignements de la sûreté de l’État, place Lazoghli, au Caire, tandis qu’il était interrogé sur ses activités politiques, apparemment dans le contexte de l’élection à venir du Maglis al Shura (Conseil consultatif), la Chambre haute du Parlement égyptien.

Ces derniers mois, la répression à laquelle sont en butte les membres du Comité populaire égyptien de solidarité avec l’Intifada palestinienne s’est accentuée. Le 22 janvier 2002, plusieurs militants de cette organisation ont été arrêtés au cours du Salon international du livre du Caire, alors qu’ils recueillaient des signatures pour une pétition. Après avoir été remis en liberté le 24 janvier, l’un d’entre eux, Wael Tawfiq, a déclaré à un délégué d’Amnesty International qu’il avait été victime de torture et d’autres formes de mauvais traitements, notamment de décharges électriques, tandis qu’il était détenu au siège du Service de renseignements de la sûreté de l’État, au Caire.

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