Communiqué de presse

Égypte. Le nouveau président, face à la crise des droits humains, ne doit pas ignorer la pire situation depuis des décennies

Le président Abdel Fattah al Sissi prend ses fonctions en Égypte alors que le pays traverse la pire crise des droits humains de toute son histoire moderne, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch mardi 10 juin. Le nouveau président doit faire de la réponse au bilan lamentable de l’Égypte en matière de droits humains une priorité absolue.

Au cours de la période écoulée depuis l’éviction du président Mohamed Morsi le 3 juillet 2013, les forces de sécurité égyptiennes ont eu recours à une force excessive à de nombreuses reprises, ce qui a donné lieu à la pire série d’homicides illégaux en masse de l’histoire récente du pays. Les autorités judiciaires ont prononcé des condamnations à mort à grande échelle comme jamais auparavant et les forces de sécurité ont procédé à des arrestations massives et des actes de torture qui rappellent les heures les plus sombres du régime de l’ancien président Hosni Moubarak.

« Au lieu de s’atteler au besoin urgent de réformes, les autorités égyptiennes ont passé la dernière année à se livrer à une répression sans précédent dans l’histoire moderne de l’Égypte, a déclaré Hassiba Hadj-Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Maintenant que le président al Sissi a officiellement pris les rênes du pouvoir, il doit mettre un terme à ces violations endémiques. »

En plus des violences et des arrestations massives, les autorités ont imposé des restrictions considérables de la liberté d’association, d’expression et de réunion, qui marquent un extraordinaire retour en arrière par rapport aux progrès réalisés après la révolution du 25 janvier 2011. Par ailleurs, on assiste à des violations des droits des réfugiés et une discrimination envers les femmes, ainsi qu’à une impunité généralisée pour les graves atteintes aux droits humains.

Le nouveau président doit ordonner la libération de toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, modifier ou abroger la loi restrictive de 2013 relative aux rassemblements publics et ordonner aux forces de sécurité de cesser d’utiliser les armes à feu contre des manifestants si cela n’est pas absolument nécessaire pour se protéger d’une menace imminente de mort ou de graves blessures. Son gouvernement doit en outre veiller à ce que des enquêtes pénales crédibles soient menées sur les homicides de plus de 1 400 manifestants par la police et l’armée au cours des 12 derniers mois et sur les allégations de plus en plus nombreuses faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements subis par des détenus.

« Les alliés de l’Égypte doivent faire comprendre aux autorités égyptiennes que le monde n’acceptera pas qu’elles traînent des pieds ou n’apportent que des changements de pure forme, a déclaré Joe Stork, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Human Rights Watch. Si l’Égypte ne procède pas à des enquêtes crédibles sur les homicides illégaux et les actes de torture, les mécanismes du Conseil des droits de l’homme des Nations unies devront être employés pour mener une enquête internationale. »

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