Égypte : Les arrestations font craindre une nouvelle vague de répression contre la dissidence pacifique

La détention arbitraire cette semaine de l’avocat spécialisé dans le droit du travail Haytham Mohamdeen et de l’ancien militant politique Mostafa Maher fait craindre que les autorités égyptiennes ne lancent une nouvelle répression contre les dissidents pacifiques et les citoyens ayant un passé de militant, a déclaré Amnesty International.

« Ces récentes arrestations ont ravivé un climat de peur parmi les militants indépendants et les organisations de défense des droits humains quant à une nouvelle offensive des autorités égyptiennes contre les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice ajointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Les autorités égyptiennes présentent un bilan déplorable en matière de détention arbitraire de militants pacifiques pour des accusations infondées : ils sont détenus pendant des mois voire des années, sans même comparaître devant un juge, puis sont remis en liberté assortie de mesures de mise à l’épreuve très dures. Au lieu d’intensifier la répression en lançant une nouvelle vague de détentions arbitraires, les autorités devraient cesser de harceler les détracteurs pacifiques et relâcher immédiatement et sans condition toute personne détenue seulement pour avoir exercé de façon pacifique son droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion. »

Amnesty International les engage à libérer immédiatement et sans condition Mostafa Maher et Haytham Mohamdeen, car leur détention est arbitraire et l’accusation portée à leur encontre, trop vague, est sans fondement crédible. Il semble qu’ils aient été pris pour cibles uniquement en raison de leur passé de militant pacifique. En outre, les autorités ont bafoué leurs droits à un procès équitable au moment de l’arrestation, de la détention et de l’interrogatoire.

Complément d’information

Le 13 mai, Haytham Mohamdeen a été convoqué au poste de police de Saf, dans le gouvernorat de Guizeh, au sud du Caire, après avoir été accusé à tort d’avoir enfreint les conditions de sa probation. Lorsqu’il s’est rendu au poste, il a été arrêté et détenu sans pouvoir contacter son avocat ni sa famille jusqu’au 16 mai. Haytham Mohamdeen faisait l’objet d’une mise à l’épreuve depuis sa libération le 30 octobre 2018, après cinq mois de détention arbitraire pour des accusations forgées de toutes pièces selon lesquelles il aurait incité à manifester pacifiquement contre les mesures d’austérité du gouvernement.

Le 14 mai, des policiers en civil se sont rendus au domicile de Mostafa Maher à Qatameya, au Caire, et l’ont arrêté, sans présenter de mandat. Il a été maintenu en détention au secret jusqu’au 16 mai.

Le 16 mai, des procureurs du parquet général de la sûreté de l’État ont ordonné le maintien en détention des deux hommes pendant 15 jours pour avoir « aidé un groupe terroriste à atteindre ses objectifs ». Ils n’ont pas été autorisés à rencontrer leurs avocats avant l’interrogatoire et Haytham Mohamdeen a été interrogé en l’absence de son avocat.

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