Égypte : les dirigeants militaires doivent réfréner les forces de sécurité

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) doit immédiatement mettre fin au recours excessif à la force qui depuis samedi a provoqué la mort de plusieurs manifestants et en a blessé de nombreux autres sur la place Tahrir, a déclaré Amnesty International lundi 21 novembre.

Une vingtaine de personnes auraient été tuées dans les affrontements violents qui ont éclaté au Caire et à Alexandrie depuis samedi.

Des centaines de personnes ont été blessées lors des affrontements du fait que les forces de sécurité semblent avoir procédé à des tirs de chevrotine et de balles en caoutchouc en direction de la foule.

« Ce bain de sang des derniers jours est inacceptable, a déclaré Philip Luther, directeur par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Cette violence pose une nouvelle fois la question des ordres donnés aux forces de sécurité. »

Nous considérons que la vie et la sécurité des manifestants et des électeurs qui voteront la semaine prochaine sont sous la responsabilité du Conseil suprême des forces armées (CSFA).

« Les opérations violentes de maintien de l’ordre des derniers jours rappellent la répression de« la révolution du 25 janvier », et les forces de sécurité commettent les mêmes violations que pendant les trente ans de pouvoir de Moubarak. »

« Les autorités égyptiennes ont le devoir de maintenir l’ordre mais elles ne doivent pas avoir recours à une force excessive contre des manifestants pacifiques et mettre ainsi gravement en péril le droit des Égyptiens à la liberté d’expression et de réunion. »

Amnesty International rend public mardi 22 novembre un nouveau rapport intitulé Broken Promises : Egypt’s Military Rulers Erode Human Rights.

Publié à quelques jours du début des élections le 28 novembre, ce rapport analyse comment les discours officiels ont fait perdre de vue l’élimination progressive de ceux qui osent défier, remettre en question ou critiquer les dirigeants militaires égyptiens.

Les manifestants de ces derniers jours réagissaient à la dispersion violente par la police antiémeute d’un sit-in de personnes blessées lors du soulèvement du mois de janvier. Celles-ci campaient depuis plusieurs jours sur la place Tahrir pour demander au Conseil suprême des forces armées de remettre le pouvoir aux civils et de les dédommager convenablement pour leurs blessures.

Pour reprendre le contrôle de la place Tahrir et des rues environnantes, les forces de sécurité ont frappé les manifestants à coups de matraque et ont utilisé du gaz lacrymogène en grande quantité pour disperser la foule. Certains des manifestants ont riposté en jetant des pierres et, dans quelques cas, des cocktails molotov. Environ 120 personnes ont été arrêtées et déférées au parquet.

Selon certaines informations, des corps à la morgue du Caire portaient à la tête et à la poitrine des blessures provoquées par des balles réelles. Le ministère public a demandé des autopsies.

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