Égypte : les forces de sécurité doivent éviter un nouveau bain de sang

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Des centaines de personnes ont été tuées depuis début juin © Ed Giles/Getty Images [16/08/2013]

Les forces de sécurité doivent de toute urgence prendre des mesures pour que le sang cesse de couler alors que des nouvelles manifestations sont annoncées en Egypte. L’organisation s’emploie à vérifier sur le terrain toutes les atteintes aux droits humains qui pourraient avoir été commises.

Le bilan du dispersement du sit-in en faveur de Mohamed Morsi au Caire mercredi 14 août est catastrophique. Plusieurs centaines de personnes sont mortes et des milliers sont blessées. Des églises, commerces et maisons coptes ont été attaqués. Les autorités ont décrété l’état d’urgence ainsi qu’un couvre-feu dans 14 des 27 gouvernorats de l’Egypte.

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’People were dying all around me’, témoignages sur les événements du 14 août 2013

Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.« Les autorités avaient promis de n’utiliser la force meurtrière qu’en dernier recours pour disperser les manifestants, il semble qu’elles n’aient pas tenu parole. Déjà par le passé, les forces de sécurité égyptiennes ont bien trop souvent fait usage d’une force excessive contre des manifestants, avec des conséquences catastrophiques. »

Les forces de sécurité ont pour devoir d’éviter de nouvelles pertes humaines. Ce doit être leur priorité immédiate.

“Une enquête indépendante et impartiale sur les violences commises doit également être menée. Cependant, des enquêtes précédentes concernant les abus commis par les forces de sécurité et l’armée depuis le soulèvement de 2011 n’ont pas permis de rendre justice aux victimes de violations des droits humains.”

Seulement trois membres de l’armée et quelques agents de sécurité ont été reconnus coupables d’avoir tué des manifestants depuis la « révolution du 25 janvier » en 2011.
Les autorités égyptiennes doivent accueillir des missions d’enquête des Nations unies, particulièrement le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Elles doivent également prendre des mesures pour améliorer la sécurité des chrétiens et des autres minorités dans le pays.

Sous le régime de Hosni Moubarak, les autorités ont régulièrement utilisé ce pouvoir pour abroger l’état de droit et commettre des violations des droits humains en toute impunité.

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