Égypte. Un utilisateur de Facebook risque cinq ans de prison pour les messages qu’il a postés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

26 novembre 2010

Amnesty International a appelé les autorités égyptiennes vendredi 26 novembre 2010 à renoncer à juger devant un tribunal militaire un utilisateur de Facebook qui risque une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir diffusé des informations publiques sur le service militaire en Égypte.

Ahmed Hassan Bassyouni, 30 ans, a comparu devant un tribunal militaire mardi 24 novembre. Il est accusé d’avoir divulgué des secrets militaires parce qu’il a créé un groupe Facebook sur le service militaire et a répondu à des questions sur l’armée sans autorisation.

Ce groupe qu’il anime sur Facebook a été baptisé « Service militaire et département de la mobilisation » , du même nom que l’organe officiel en charge de la conscription en Égypte. Toutefois, Ahmed Hassan Bassyouni aurait expliqué clairement que son site n’était pas un site gouvernemental officiel.

« Il semble qu’Ahmed Hassan Bassyouni soit jugé uniquement pour avoir diffusé des informations facilement disponibles dans le domaine public et souvent publiées dans la presse locale. Si c’est le cas, Amnesty International le considérera comme un prisonnier d’opinion, a indiqué l’organisation.

« Son procès illustre les restrictions imposées par les autorités égyptiennes aux droits à la liberté d’expression et à l’accès à l’information. »

Ahmed Hassan Bassyouni a été arrêté le 30 octobre après avoir été interviewé sur une radio égyptienne au sujet du groupe qu’il anime sur Facebook. Après l’interview, il a été rappelé dans le studio où l’attendaient des enquêteurs militaires chargés de l’appréhender.

Il a ensuite été placé en détention, interrogé et incarcéré sous l’autorité de l’armée jusqu’à sa comparution devant un procureur militaire le 6 novembre. Il a de nouveau été interrogé et placé en détention provisoire.

Ahmed Hassan Bassyouni a plus tard été déféré devant le tribunal militaire d’al Haram ; la première audience s’est tenue le 20 novembre. Son affaire a désormais été ajournée au 29 novembre.

« Les autorités égyptiennes doivent cesser de traîner en justice des civils devant des instances militaires. Cette pratique bafoue le système judiciaire égyptien et le droit à un procès équitable. En effet, ces procès s’avèrent foncièrement injustes », a expliqué Amnesty International.

Le procès d’Ahmed Hassan Bassyouni survient sur fond de répression généralisée menée par les autorités égyptiennes contre toute dissidence et critique dans les médias, et contre les opposants politiques et les défenseurs des droits humains, alors que se profilent les élections législatives prévues le 28 novembre.

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