ENFANTS SOLDATS : Vingt et un gouvernements ou groupes armés sont multirécidivistes : le Conseil de sécurité doit agir

Index AI : ACT 76/002/2005
ÉFAI
Mardi 22 février 2005

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

New-York - « Le Conseil de sécurité des Nations unies doit imposer des sanctions aux gouvernements et aux groupes armés qui utilisent des enfants soldats dans les conflits armés », a déclaré la Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, avant la réunion du Conseil de sécurité du 23 février 2005 qui doit débattre de la situation des enfants lors des conflits armés.
Le récent rapport du secrétaire général au Conseil de sécurité portant sur les enfants et les conflits armés identifie 42 parties dans 11 pays différents qui enfreignent les lois internationales interdisant de recruter et d’utiliser des enfants soldats. Trente d’entre elles ont déjà été citées au moins une fois et 21 ont été citées dans chacun de ses trois derniers rapports.
« Les Nations unies ont identifié clairement par trois fois déjà qui force les enfants à tuer et à être tué à la guerre », a déclaré Casey Kelso, coordinateur de la Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats, organisation regroupant des associations de défense des droits humains et des associations humanitaires. « Le Conseil de sécurité ne doit pas laisser passer une année de plus en laissant croire aux commandants militaires en cause que personne ne va leur demander des comptes au sujet des atteintes qu’ils portent aux droits des enfants. »
Parmi les multirécidivistes cités à trois reprises par le secrétaire général, se trouvent le gouvernement de la République démocratique du Congo, du Myanmar et des groupes armés ou des milices alliées au gouvernement qui opèrent au Burundi, au Népal, aux Philippines, en Somalie, au Sri Lanka, au Soudan et en Ouganda.
« Depuis 2002, vingt et un groupes armés ont été cités dans trois rapports consécutifs », a encore déclaré Casey Kelso. « Les preuves contre eux sont accablantes. Il faut maintenant des actions concrètes en réponse aux rapports des Nations unies. »
La Coalition demande au Conseil de sécurité d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ciblées spécifiquement sur le recrutement et l’utilisation des enfants soldats. Parmi les cinq pays figurant sur l’agenda du Conseil de sécurité et qui sont cités dans le dernier rapport du secrétaire général, quatre (la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, la Somalie et le Soudan) sont déjà soumis à des sanctions ; seul le Burundi y échappe. Dans trois de ces pays, des commissions sont chargées de surveiller leur application. Des experts ou des groupes de surveillance sont présents en République démocratique du Congo et en Somalie pour enquêter, y compris dans ce domaine.
La Côte d’Ivoire, la Somalie et les parties en guerre dans certaines régions de République démocratique du Congo et du Soudan, sont soumis à un embargo sur les armes - tous ces pays sont identifiés comme ayant des enfants soldats engagés dans les combats. Une interdiction de déplacement à l’encontre de certains commandants militaires et le gel de leurs avoirs ont été décrétés en Côte d’Ivoire, mais ne sont pas encore en application.
« Il ne devrait pas être difficile d’ajouter la fin de l’utilisation des enfants soldats comme condition à la levée des sanctions », a conclu Casey Kelso. « Le Conseil de sécurité doit dire explicitement que les sanctions ne seront levées qu’avec la fin de l’utilisation des enfants soldats. »
La Coalition a aussi demandé au Conseil de sécurité de veiller à la mise en œuvre effective d’un dialogue avec les parties citées, afin de développer des plans d’action concrets pour mettre fin à l’emploi des enfants soldats. En avril 2004, le Conseil de sécurité a appelé à un tel dialogue avec les groupes qui utilisent des enfants soldats dans les pays qui figurent sur son agenda. Mais le secrétaire général a reconnu qu’il n’y a pas eu beaucoup de dialogue à cause de problèmes de sécurité, du manque de coopération des parties et de l’absence d’un dispositif de surveillance systématique au niveau national.
La Coalition a demandé un élargissement du dialogue pour qu’il inclue les parties dans les conflits cités par le secrétaire général mais qui ne figurent pas sur l’agenda du Conseil de sécurité. Il s’agit de la Colombie, du Myanmar, du Népal, des Philippines, du Sri Lanka et de l’Ouganda.
En novembre 2004, la Coalition a publié un rapport détaillé sur les enfants soldats dans 196 pays du monde, couvrant plus d’une vingtaine de conflits dans lesquels les enfants soldats sont utilisés aujourd’hui. Ce rapport est accessible sur le site www.child-soldiers.org.

Contexte
La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats réunit des organisations non gouvernementales nationales, régionales et internationales en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique latine et au Moyen-Orient. Les ONG fondatrices sont Amnesty International, Défense des enfants international (DEI), Human Rights Watch, la Fédération internationale Terre des Hommes, l’Alliance international Save the Children, le Service jésuite des réfugiés, le Bureau Quaker auprès des Nations unies à Genève et World Vision (Organisation internationale de perspective mondiale).

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