Enfin des nouvelles d’Ahmadreza Djalali, après trois mois de disparition forcée

Après trois mois de disparition forcée, Amnesty International est enfin en mesure de confirmer qu’Ahmadreza Djalali est en vie et qu’il a été transféré à nouveau à la prison d’Evin, à Téhéran. Le médecin irano-suédois a pu entrer en contact avec son épouse, Vida Mehrannia, pour la première fois depuis juin dernier.

Selon les informations que le docteur Djalali a pu transmettre à son épouse aujourd’hui, il a été brusquement extrait de sa cellule le 23 juin 2025, peu après les attaques israéliennes contre la prison d’Evin. Il a ensuite été détenu pendant quatre jours dans un bâtiment militaire, puis transféré vers un lieu secret. Pendant toute cette période, Ahmadreza Djalali n’a obtenu aucune information quant à sa situation et n’a pu établir aucun contact avec le monde extérieur. Le médecin a expliqué qu’il « craignait d’être exécuté en secret » et qu’il était très inquiet pour sa famille, maintenue dans une ignorance totale. Le 24 septembre, il a finalement été ramené à la prison d’Evin.

« C’est un réel soulagement d’obtenir enfin des nouvelles d’Ahmadreza Djalali et d’apprendre qu’il est en vie. Il est maintenant essentiel que l’attention portée à son cas ne ne se relâche pas à nouveau. La pression internationale de ces derniers mois a clairement eu un effet, mais le cœur du problème demeure : le docteur Djalali est injustement emprisonné depuis plus de neuf ans et risque toujours d’être exécuté. Il appartient désormais à la communauté internationale, et plus particulièrement à la Suède et à la Belgique, d’exercer le plus de pression possible sur les autorités iraniennes pour obtenir sa libération immédiate. Sa place est auprès de sa famille, et non dans une cellule », explique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International.

Vida Mehrannia, l’épouse du docteur Djalali, a également réagi sur le réseau social X [1] : « Après trois mois de disparition qui ont plongé notre famille dans une profonde angoisse et une grande inquiétude, Ahmadreza a été transféré à la prison d’Evin le 24 septembre. Nous restons optimistes et reconnaissants pour le soutien international. […] Notre exigence reste claire : Ahmadreza doit être libéré immédiatement et être autorisé à rentrer chez lui. Tant qu’il ne sera pas libre, nous ne pourrons pas réellement trouver la paix. »

Vida Mehrannia a explicitement remercié le ministre suédois des Affaires étrangères et le Parlement flamand pour les efforts qu’ils ont tous deux mis en œuvre.

Trois mois de disparition forcée

Le 23 juin, peu après les frappes aériennes de l’armée israélienne contre la prison d’Evin, Ahmadreza Djalali a été transféré avec d’autres détenus au pénitencier du Grand Téhéran, puis emmené seul vers une destination inconnue. Plus aucun signe de vie n’a ensuite été donné. Avec son épouse, Vida Mehrannia, Amnesty International a tiré la sonnette d’alarme, soulignant le risque accru d’une exécution secrète ou immédiate. Au moins dix exécutions de personnes soupçonnées d’avoir des liens avec Israël ont eu lieu depuis juin.

Dans le but d’obtenir au minimum un signe de vie du docteur Djalali, Amnesty International n’a cessé de se mobiliser au cours des derniers mois. Une action s’est ainsi tenue la semaine dernière devant l’ambassade d’Iran [2], à Bruxelles, en présence de Vida Mehrannia.

L’épouse du docteur Djalali, accompagnée de représentant·es d’Amnesty International, a par ailleurs été reçue par le président du Sénat, Vincent Blondel, ainsi que par la présidente du Parlement flamand et la commission des Affaires étrangères du Parlement flamand. À la suite de cette dernière rencontre, il a été déclaré dans un communiqué de presse [3] que cette même commission inviterait l’ambassadeur d’Iran en Belgique à un entretien. Une autre rencontre a par ailleurs eu lieu au ministère fédéral des Affaires étrangères. Il est enfin à noter que la ministre suédoise des Affaires étrangères a publiquement demandé [4] à obtenir des informations sur le lieu où se trouvait Ahmadreza Djalali et a appelé à sa libération.

« Le fait que nous ayons obtenu le "signe de vie" que nous réclamions confirme de façon claire que la pression internationale porte ses fruits. Cependant, cela ne suffit pas. Nous réitérons avec vigueur notre appel en faveur de la libération immédiate et sans condition d’Ahmadreza Djalali. Nous rappelons que son maintien en détention est arbitraire, contraire au droit international et qu’il s’inscrit dans le cadre d’une pratique plus large consistant à détenir des ressortissant·es étranger·ères à des fins de pression politique », conclut Carine Thibaut.

Complément d’information

Ahmadreza Djalali est médecin spécialisé dans la médecine de catastrophe et professeur invité à la Vrije Universiteit Brussel (VUB). Il a été arrêté arbitrairement le 25 avril 2016, alors qu’il se trouvait en Iran pour des raisons professionnelles. Le docteur Djalali a été condamné à mort pour « corruption sur terre » en octobre 2017, à l’issue d’un procès manifestement inique. Ce jugement se fonde principalement sur les « aveux » qui lui ont extorqués sous la torture et les mauvais traitements, sans qu’il n’ait pu consulter d’avocat. Ahmadreza Djalali est, selon lui, uniquement détenu pour avoir refusé de mettre à profit ses relations universitaires au sein des institutions européennes pour espionner pour le compte de l’Iran.

Amnesty International continue d’appeler à la libération immédiate et sans condition d’Ahmadreza Djalali, détenu dans des conditions déplorables, sans accès à des soins de santé adéquats et sous la menace constante d’une exécution. En Belgique, plus de 150 000 personnes ont signé des pétitions en faveur de sa libération.

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