États-Unis. Amnesty International demande l’ouverture d’une enquête sur le recours à la force par la police américaine des frontières contre des manifestants de No Borders Camp

Déclaration publique

AMR 51/183/2007 (Public)

Amnesty International demande l’ouverture d’une enquête approfondie sur les allégations de recours excessif à la force par la police américaine des frontières lorsqu’elle a dispersé une manifestation organisée par le groupe No Borders Camp à la frontière américano-mexicaine à Calexico, en Californie, le 11 novembre.

Des images vidéo montrent les policiers des frontières qui s’avancent vers un groupe d’une trentaine de personnes, faisant valser leurs matraques et tirant au hasard sur les manifestants à l’aide de fusils pepperball, des armes qui projettent du gaz poivre très douloureux. Les policiers ont plus tard affirmé que certains manifestants les avaient attaqués et avaient commencé à détruire des biens publics. Pourtant, aucun de ceux filmés sur la vidéo ne semblait commettre d’actes de violence lorsqu’ils ont été chargés par les policiers.

En outre, d’après les personnes présentes sur les lieux, les agents n’ont pas enjoint aux manifestants de se disperser avant de commencer à utiliser leurs armes contre eux. Plusieurs auraient été blessés à la suite de cette action policière.

Dans un courrier adressé au chef de la police des frontières, David Aguilar, Amnesty International a fait part de ses préoccupations quant à l’action menée par les policiers, susceptible d’avoir bafoué les normes internationales sur le recours à la force par la police exposées dans le Code de conduite pour les responsables de l’application des lois et les Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu de l’ONU. Ces textes disposent notamment que la force doit être utilisée uniquement en dernier recours, proportionnellement à la menace et dans le but de ne causer que le minimum de dommages et d’atteintes à l’intégrité physique.

Dans les Principes de base, il est précisé que « chacun a le droit de participer à des réunions licites et pacifiques, conformément aux principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». En outre, l’article 13 dispose que « [L]es responsables de l’application des lois doivent s’efforcer de disperser les rassemblements illégaux mais non violents sans recourir à la force et, lorsque cela n’est pas possible, limiter l’emploi de la force au minimum nécessaire ».

Par ailleurs, Amnesty International a souligné les dangers inhérents à l’utilisation d’armes à projectiles et fait observer que les aérosols de gaz poivre peuvent s’avérer nocifs, notamment s’ils sont utilisés en grandes quantités. Plusieurs personnes sont mortes aux États-Unis après avoir été exposées à des armes projetant du gaz poivre, dont une femme à Boston en 2004 touchée à l’œil par un projectile de ce type.

Complément d’information

No Borders Camp est un groupe qui se définit comme étant opposé aux frontières. La manifestation s’est déroulée devant la barrière qui sépare Calexico aux États-Unis de Mexicali au Mexique. D’autres personnes ont manifesté côté mexicain.

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