États-Unis. Le gouvernement devrait émettre un nouveau visa pour une défenseure des droits humains pakistanaise


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI

Amnesty International a demandé ce lundi 22 septembre au gouvernement des États-Unis d’émettre un nouveau visa pour la défenseure des droits humains Amina Masood Janjua, le visa qui lui avait été accordé précédemment ayant été annulé « pour des raisons relatives à la sécurité ».

L’organisation a également demandé aux autorités américaines de clarifier les raisons pour lesquelles le visa précédent avait été annulé. Jusqu’à ce jour, Amnesty International n’a pas obtenu de réponse aux demandes de clarification qu’elle a adressées aux autorités. Amina Masood Janjua a été invitée par Amnesty International à faire une tournée de conférences en Europe et aux États-Unis sur les disparitions forcées au Pakistan.

« Il est particulièrement déconcertant que les autorités américaines considèrent qu’Amina Masood Janjua constitue une menace pour la sécurité des États-Unis, a déclaré Sam Zarifi, directeur d’Amnesty International pour la région Asie-Pacifique. Depuis trois ans, cette femme mène campagne pacifiquement et sans relâche pour que le gouvernement pakistanais fasse toute la lumière sur des centaines de « disparus » – parmi lesquels son propre mari Masood Janjua – tout en condamnant les actes de terrorisme. »

L’ambassade américaine à Islamabad avait émis un visa pour Amina Masood Janjua le 12 août. Cependant, alors qu’elle s’apprêtait à prendre l’avion pour Washington le 13 septembre, un représentant de l’ambassade l’a informée que son visa avait été annulé et l’a prévenue que si elle embarquait elle ne serait pas autorisée à entrer aux États-Unis et qu’elle serait renvoyée au Pakistan.

Le représentant de l’ambassade lui a indiqué que son visa avait été annulé en application de l’article 212(a) 3 de la Loi sur l’immigration et la nationalité, qui couvre les « raisons relatives à la sécurité ». Cet article concerne des actes tels que l’espionnage, le sabotage et les activités terroristes.

Amnesty International appelle également les autorités américaines à coopérer avec le nouveau gouvernement pakistanais pour résoudre tous les cas de disparitions forcées et faire en sorte qu’il soit mis fin à cette pratique.

« Le gouvernement des États-Unis doit veiller à ne pas être complice en contribuant à la pratique des disparitions forcées au Pakistan ou en tolérant de tels agissements, a déclaré Sam Zarifi. De nombreuses personnes détenues en secret au Pakistan disent avoir été interrogées par des unités de renseignement pakistanaises mais aussi par des agents de services de renseignement étrangers ».


« Le fait que l’anti-américanisme au Pakistan augmente et que de nombreux Pakistanais reprochent au gouvernement des États-Unis d’encourager la pratique des disparitions forcées et d’autres violations des droits humains dans leur pays rend d’autant plus criante la nécessité pour les autorités américaines d’émettre un nouveau visa pour Amina Masood Janjua. »


Complément d’information

Amina Masood Janjua est fondatrice et présidente de l’organisation pakistanaise Défense des droits humains, qui milite en faveur de la libération des personnes victimes d’une disparition forcée. Cette femme s’exprime au nom de 563 familles dont un proche a « disparu ».

Elle a cofondé cette organisation après que son mari Masood Janjua eut été appréhendé dans un autocar, il y a trois ans. On ignore tout du sort de cet homme et de l’endroit où il se trouve.

Depuis que le Pakistan s’est associé, à la fin de l’année 2001, à la « guerre contre le terrorisme » conduite par les États-Unis, des centaines de personnes soupçonnées de liens avec des activités terroristes ou de groupes nationalistes ont fait l’objet d’une disparition forcée. Ces personnes sont arbitrairement arrêtées et maintenues en détention dans des lieux tenus secrets. Elles ne bénéficient d’aucune protection légale, n’ont pas le droit de consulter leur avocat ou de recevoir les visites de leur famille et ne peuvent comparaître devant un tribunal. Beaucoup de ces personnes, si ce n’est l’ensemble d’entre elles, subissent des actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements.

Au cours des dernières semaines, Amina Masood Janjua a évoqué la question des disparitions forcées lors de rencontres avec des représentants du gouvernement du Royaume-Uni, de la Norvège, de la Suède, de la Suisse et du Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève.

FIN/

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