Les États-Unis manquent à leurs obligations envers les réfugiés

États-Unis migrants

Le rapport du président Donald J. Trump au Congrès sur les admissions proposées de personnes réfugiées pour l’exercice 2021 fait état de l’intention du gouvernement de réinstaller au maximum 15 000 réfugié·e·s – objectif le plus bas jamais fixé dans l’histoire des États-Unis – au cours du nouvel exercice budgétaire qui a débuté jeudi 1er octobre.

« Le nombre de réfugié·e·s accueillis par les États-Unis chaque année indique qui nous sommes et quelle est notre position dans le monde en termes d’engagement pour les droits humains. Depuis que Donald Trump est au pouvoir, les États-Unis manquent gravement à leurs obligations. D’une année à l’autre, son gouvernement a non seulement diminué le nombre de personnes réfugiées acceptées sur le territoire pour atteindre des niveaux qui n’ont jamais été aussi bas, mais il n’a en outre pas arrêté d’attaquer ce dispositif qui change des vies, a déclaré Ryan Mace, conseiller principal sur les questions politiques à Amnesty International États-Unis.

« L’immense majorité des habitants de ce pays sont favorables à l’arrivée de réfugié·e·s dans leur voisinage. Cependant, les actions du président ne cessent de montrer qu’il n’écoute pas les gens qui sont prêts à en faire davantage et qu’il préfère fermer la porte aux personnes qui cherchent la sécurité et pourraient faire de ce pays leur nouvelle patrie. De manière particulièrement malhonnête, le gouvernement Trump confond les admissions de réfugié·e·s avec le nombre de demandes d’asile qu’il prévoit, sans préciser qu’il a pris soin de réduire à néant le droit de solliciter l’asile. Nous devons faire mieux que cela. »

« Depuis que Donald Trump est au pouvoir, les États-Unis manquent gravement à leurs obligations. D’une année à l’autre, son gouvernement a non seulement diminué le nombre de personnes réfugiées acceptées sur le territoire pour atteindre des niveaux qui n’ont jamais été aussi bas, mais il n’a en outre pas arrêté d’attaquer ce dispositif qui change des vies »

Amnesty International États-Unis appelle le président [1] à fixer un objectif d’admissions de réfugié·e·s plus élevé, correspondant aux besoins historiques et aux normes historiques, pour le nouvel exercice budgétaire qui commence jeudi 1er octobre. En plus d’élargir les possibilités de réinstallation aux États-Unis, l’organisation demande aussi au gouvernement d’investir dans d’autres dispositifs d’accueil, tels que les programmes humanitaires, le regroupement familial et les programmes de co-parrainage. Pour les réfugié·e·s qui demeurent déplacés, Amnesty International États-Unis engage les autorités à accroître leur soutien aux programmes humanitaires qui améliorent les perspectives en matière d’éducation, d’emploi et de revenus, en prenant en compte les besoins spécifiques des femmes et des enfants, et comprennent d’autres mesures favorisant l’indépendance.

Complément d’information

La Loi sur les réfugiés de 1980 a donné naissance au programme moderne d’accueil des réfugié·e·s, grâce auquel plus de 3 millions de personnes ont été réinstallées aux États-Unis. Depuis le début du mandat de Donald Trump, les chiffres des admissions de réfugié·e·s n’ont jamais été aussi bas : avant 2018, l’objectif annuel s’élevait depuis 1980 à 95 000 personnes accueillies en moyenne.

Quelques jours avant la publication du rapport du président au Congrès, plus de 540 hauts responsables occupant des fonctions au niveau local ou au sein de l’administration d’un État, représentant les 50 États du pays, ont affirmé leur soutien fort à la réinstallation de réfugié·e·s [2]. C’est la quatrième année d’affilée que des responsables locaux adressent un tel courrier au président, en vain.

Environ 80 millions de personnes sont déplacées à travers le monde, dont 1,4 million ont besoin d’accéder à des programmes de réinstallation au cours de l’année à venir selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Pourtant, les États-Unis accueillent moins de réfugié·e·s que jamais. Amnesty International États-Unis appelle à nouveau les autorités américaines à admettre au moins 95 000 réfugiés durant l’exercice budgétaire 2021.

Par le biais de la Longer Table Initiative [3] (Initiative de la table rallongée), Amnesty International États-Unis et ses sympathisants œuvrent pour accueillir des réfugiés dans le cadre du parrainage citoyen. Les actions de la Longer Table Initiative consistent notamment à écrire des courriers, recruter des habitants pour parrainer un réfugié ou une famille réfugiée qui s’installera sur place, intégrer des récits de réfugiés dans un club de lecture, etc. Les membres d’Amnesty International États-Unis ont recueilli plus de 100 résolutions proclamant « J’accueille les réfugiés » en signe de soutien à l’accueil de réfugiés dans des villes et des quartiers.

En 2019, Amnesty International États-Unis a publié un rapport intitulé The Mountain is in Front of Us and the Sea is Behind Us’ : The Impact of US Policies on Refugees in Lebanon and Jordan, qui montre que les familles réfugiées continuent d’être bloquées dans une impasse, coincées à l’étranger et privées de possibilités de réinstallation à cause des politiques discriminatoires des États-Unis, alors qu’elles sont à la recherche de sécurité, d’une nouvelle vie et d’un lieu où s’installer définitivement.

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