États-Unis : Tous les prisonniers encore détenus à Guantánamo doivent être libérés ou jugés lors de procès équitables

Tandis que neuf nouveaux détenus étaient libérés de Guantánamo, Amnesty International a réaffirmé ce vendredi 2 mai que les détentions à Guantánamo sont une parodie de justice. Le gouvernement américain doit juger les 270 prisonniers encore détenus à Guantánamo lors de procès équitables ou les libérer, avec toutes les garanties nécessaires pour les protéger de nouvelles violations de leurs droits.

Les neuf hommes sont les premiers à être libérés de la base navale cette année. Parmi eux se trouve Sami al Hajj, cameraman de la chaîne Al Jazira, détenu sans avoir été inculpé dans la prison de Guantánamo Bay depuis presque six ans. Amnesty International reste particulièrement inquiète pour sa santé et son équilibre après plusieurs années de détention pour une durée indéterminée et les mauvais traitements qu’il aurait subi, notamment dans le contexte de sa grève de la faim prolongée.

Sami al Hajj a été rapatrié en même temps que deux autres ressortissants soudanais détenus à Guantánamo, Yaccoub al Amir et Walid Ali. Sami al Hajj a été transporté en civière directement de l’avion à l’hôpital.

Un quatrième détenu, Saïd Boujadia, a été renvoyé au Maroc où il aurait été placé en garde à vue par la police judiciaire de Casablanca. Amnesty International continuera de suivre sa situation et appelle les autorités marocaines à veiller à ce qu’il soit traité de manière pleinement conforme au droit international. Il doit avoir la possibilité de consulter un avocat, être autorisé à recevoir des soins par un médecin indépendant et doit être inculpé d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugé lors d’un procès équitable, ou libéré.

Cinq détenus ont également été transférés en Afghanistan selon le Pentagone. Amnesty International ne dispose pas d’autres détails sur ces détenus à ce stade. L’organisation appelle également les autorités afghanes à veiller à ce que tous les détenus renvoyés en Afghanistan soient traités et jugés dans le plein respect du droit international et qu’en aucune manière le traitement illégal qui leur a été infligé à Guantánamo ne se prolonge.

« Le gouvernement américain doit abandonner ses procès devant des commissions militaires qui ne disposent d’aucune indépendance vis-à-vis de ce même pouvoir qui a autorisé et légitimé les violences faites aux détenus, et qui peuvent s’appuyer sur des informations obtenues par la contrainte et les mauvais traitements, a déclaré Amnesty International.

Tout en niant à ceux qui sont détenus à Guantánamo et ailleurs le droit de contester leur détention devant des tribunaux indépendants et impartiaux conformément au droit d’habeas corpus (procédure permettant la comparution immédiate d’un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention, et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté) vieux de plusieurs siècles, les autorités américaines ont infligé aux détenus des traitements et des conditions de détention qui bafouent l’interdiction absolue de la torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les enquêtes ouvertes sur ces violences n’ont pas été menées de façon appropriée.

« Le gouvernement américain doit fermer définitivement le centre de détention de Guantánamo et mettre fin au programme de détentions secrètes mis en place par la CIA. Les États-Unis doivent mettre tous leurs centres de détention où qu’ils se trouvent en conformité avec les normes du droit international, a déclaré Amnesty International.

« Il faut que tous les auteurs présumés d’atteintes aux droits humains aient à rendre compte de leurs actes, notamment des crimes internationaux de torture et de disparition forcée. »
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Voir également :

Qui sont les détenus de Guantánamo ? CAS n°16. Sami al Hajj, ressortissant soudanais, 11 janvier 2006 (index AI : AMR 51/207/2005 http://web.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/013/2006/fr

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