Éthiopie, L’assassinat d’un célèbre chanteur doit faire l’objet d’une enquête approfondie

Hachalu Hundesa

Les autorités éthiopiennes doivent mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie, impartiale, indépendante et efficace sur l’assassinat du chanteur oromo Hachalu Hundesa, le 29 juin, et traduire en justice tous les responsables présumés, alors que sa mort a déclenché des manifestations dans plusieurs régions du pays.

« Justice doit être rendue pour le meurtre d’Hachalu Hundesa. La jeunesse éthiopienne a défilé sur les airs de ce musicien populaire lors des manifestations soutenues qui ont éclaté en 2015 et ont débouché sur les réformes politiques observées dans le pays depuis 2018, a déclaré Sarah Jackson, directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et région des Grands Lacs d’Amnesty International.

« Les autorités ont ouvert une enquête sur son homicide et doivent désormais veiller à ce qu’elle soit menée de manière rapide, approfondie, impartiale, indépendante et efficace, et à ce que les auteurs présumés soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables. »

La coupure totale d’Internet [1] imposée par les autorités depuis ce matin rend difficile la vérification des informations sur le nombre de personnes tuées lors des manifestations en cours.

« Il faut immédiatement mettre un terme à la coupure d’Internet imposée à tout le pays et permettre aux gens d’avoir accès aux informations et de pleurer librement ce musicien tant apprécié », a déclaré Sarah Jackson.

Enfin, Amnesty International demande aux forces de sécurité de faire preuve de retenue dans le maintien de l’ordre lors des manifestations en cours et de s’abstenir de recourir à une force excessive.

Complément d’information

Hachalu Hundesa, célèbre pour ses chansons inspirées par la politique, a été abattu le 29 juin vers 21h30 dans le quartier de l’immeuble Gelan, à Addis-Abeba. Il a été conduit à l’hôpital du secteur, où il a été déclaré mort peu après son admission.

Le 22 juin, Hachalu Hundesa a été interviewé sur l’Oromo Media Network (OMN) et a abordé de nombreux sujets controversés qui suscitent l’indignation de la population sur les plateformes de réseaux sociaux.

Selon le journal national Addis Standard, Getu Argaw, commissaire de police de la ville d’Addis-Abeba, a déclaré que la police avait ouvert une enquête et placé « des suspects » en garde à vue.

En Éthiopie, depuis 2019, on constate une augmentation du nombre d’homicides de personnes critiques à l’égard de personnalités politiques et de figures du gouvernement. C’est le cas du président de la région d’Amhara, Ambachew Mekonnen, et de deux hauts responsables des autorités régionales, assassinés le 23 juin 2019. Le même jour, le chef des armées éthiopiennes, le général Seare Mekonnen, a été assassiné chez lui, à Addis-Abeba, en même temps qu’un général de division à la retraite, Gezai Abera. Le 3 juin 2020, Bekele Bidra, chef du bureau du Front de libération oromo (FLO) du district de Bole, à Addis-Abeba, a été abattu dans sa voiture.

Dans un rapport récent intitulé Éthiopie. Viols, exécutions extrajudiciaires et maisons incendiées lors des opérations de sécurité dans les régions Amhara et Oromia, Amnesty International dénonce l’impunité qui règne en Éthiopie et réclame l’obligation de rendre des comptes et la justice.

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