Éthiopie : Il faut que les députés placent les droits humains au centre du débat sur l’état d’urgence

Il faut que le Parlement éthiopien veille à ce que le nouvel état d’urgence ne restreigne pas encore davantage les libertés d’expression, de réunion et d’association, qui ne cessent déjà de se réduire dans le pays, alors que les députés s’apprêtent à débattre des nouvelles mesures d’urgence ce vendredi 2 mars.

Dans une lettre ouverte adressée aux députés, le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, a déclaré : « Je constate avec inquiétude la récente escalade, tant par la gravité que par l’ampleur, des violations des droits humains en Éthiopie, en particulier dans les États régionaux Amhara, Oromia et Somali ».

« Certains aspects de la proclamation de l’état d’urgence que vous devez examiner sont contraires aux obligations qui incombent à l’Éthiopie au regard du droit international relatif aux droits humains.  »

Lors du dernier état d’urgence, qui a été proclamé en octobre 2016 et a duré 10 mois, Amnesty International a recueilli des informations sur une série de graves violations des droits humains, y compris des homicides illégaux, des déplacements forcés, des arrestations et détentions arbitraires, ainsi que des actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des détenus.

« La Constitution éthiopienne exige que vos décisions soient dictées par elle, par la volonté du peuple et par votre conscience. À l’heure de débattre du nouvel état d’urgence, il est essentiel que vous teniez pleinement compte des droits humains de la population éthiopienne  », a déclaré Salil Shetty.

Il est prévu que le Parlement se prononce sur la proclamation de l’état d’urgence que le Conseil des ministres a adoptée le 16 février 2018, à la suite de la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn. Si ce texte est adopté, l’état d’urgence devrait durer six mois.

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