Éthiopie. Leur jugement est à nouveau reporté : deux défenseurs des droits humains restent en détention

Déclaration publique

AFR 25/028/2007

Ce 30 novembre, la Haute cour fédérale d’Addis Abeba a repoussé au 24 décembre le prononcé de son jugement concernant deux militants de la société civile, Daniel Bekele et Netsanet Demissie, qui risquent l’emprisonnement à vie pour des chefs d’inculpation politiques. Le jugement, qui était attendu le 22 novembre mais a été reporté au 30 novembre pour maladie de l’un des trois juges, a encore été reporté de quatre semaines, pour nommer un juge de remplacement et lui donner le temps d’examiner l’affaire.

Daniel Bekele et Netsanet Demissie sont déjà détenus depuis deux ans, et leur libération sous caution leur a toujours été refusée.

Tous leurs autres coaccusés, notamment les dirigeants du parti d’opposition Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD) ont été libérés en juillet par un accord négocié de « grâce », après leur condamnation à la prison à vie ou à de lourdes peines d’emprisonnement. Seuls Daniel Bekele et Netsanet Demissie restent traduits en justice, car ils avaient présenté une défense – contrairement aux autres – et refusé de plaider coupable pour demander une grâce politique.

Amnesty International réitère son appel pour qu’ils soient libérés immédiatement et sans conditions, en tant que prisonniers d’opinion arrêtés et traduits en justice pour leur travail pacifique en faveur des droits humains. Ces deux personnes sont en prison depuis novembre 2005 et risquent une condamnation à l’emprisonnement à vie.

Les observateurs du procès d’Amnesty International se sont vu refuser l’accès au pays en juillet. Amnesty International voulait établir si le procès était mené dans le respect des normes internationales pour un procès équitable, sujet qui préoccupe sérieusement notre organisation.

Daniel Bekele est le responsable stratégie d’ActionAid en Éthiopie. Netsanet Demissie est le fondateur et directeur de l’Organisation pour la justice sociale en Éthiopie. Tous deux sont de célèbres avocats des droits humains, et ont été arrêtés en novembre 2005 lors de rafles massives sur fond de protestations politiques contre les fraudes électorales, à la suite des élections de mai 2005. Les forces de sécurité gouvernementales ont abattu 187 personnes lors des manifestations de juin et novembre 2005.

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